Le 14 août 2021, Marie-Laure et sa cadette Nathalie Ramadan, toutes des filles du feu docteur Gaston Ramadan Mamata, ont organisé une conférence de presse à leur domicile familial sis au quartier Benz-vi à Bangui. L’objectif de cet échange avec les professionnels des médias étaient de mettre un coup de projecteur sur l’affaire de la succession en terme d’héritage entre les enfants de Albertine Ramadan, première épouse du défunt docteur Gaston Ramadan Mamata et des enfants de Marguerite Ramadan, deuxième épouse du feu docteur susmentionné. 

En effet, selon l’acte de mariage  N° 163 du 4 avril 1963, délivré par le centre principal d’État civil de Bangui  présenté par Marie-Laure Ramadan et sa cadette Nathalie et dont Oubangui médias détient une copie, leur mère Albertine Ramadan s’était légalement mariée à leur défunt père le docteur Gaston Ramadan Mamata sur un engagement du mariage monogamique.

Malheureusement, étant donné que l’être humain à ses faiblesses, le feu docteur Gaston Ramadan Mamata a fini par tricher hors mariage en sortant avec Marguerite Nzapaoko qui au finish est devenue sa deuxième épouse. Cependant, malgré contre vents et marrées, il n’a pas divorcé à sa première épouse la nommée Albertine.

En outre, selon les témoignages de Marie-Laure et de Nathalie, le 27 octobre 1979, l’année pendant laquelle leur père le feu docteur Gaston Ramadan Mamata, leur mère Albertine et eux les enfants étaient en France, leur marâtre Marguerite aurait frauduleusement contracté un autre mariage par procuration à leur père sous l’engagement monogamique au centre d’État civile secondaire (3) de M’poko, région de l’Ombella M’poko, district de Bimbo.

Toujours selon  Marie-Laure et Nathalie, en contractant par procuration un mariage monogamique à leur père, leur marâtre Marguerite Nzapaoko souhaite ignorer et abolir le mariage officiel entre leur défunt père et leur mère Albertine. En plus, ce qui est intriguant selon elles, leur marâtre Marguerite s’est autoproclamée première épouse selon l’acte de mariage dont Oubangui Médias détient également une copie.

Le coup du malheur ?

Si le philosophe Socrate a reconnu que tout homme est mortel, alors, ce n’est pas le docteur Gaston Ramadan Mamata qui peut échapper à cette fatalité. C’est ainsi que malheureusement en 2014, ce grand chirurgien a quitté le monde des vivants. Sa disparition va alors ouvrir une bataille entre sa première épouse Albertine et ses enfants contre Marguerite et ses enfants.

D’après les deux conférencières, après les obsèques de leur défunt père, les enfants de la première épouse ont fait savoir qu’ils ne sont pas pressés pour désigner un héritier pour succéder à leur papa. Mais, afin d’assurer la bonne gestion des biens de leur père, les enfants de la première épouse, qui selon eux, nées du mariage légal ont proposé à leur marâtre Marguerite de veiller sur les biens jusqu’à l’organisation d’un conseil de famille de manière formelle car Albertine et ses enfants résident en France. « Malheureusement, Marguerite Nzapaoko a transformé notre vœu en une sorte de désignation d’elle comme héritière légale de notre défunt père le docteur Gaston Ramadan Mamata. L’occasion pour elle de commencer à dilapider et à s’approprier de tous les biens de notre père sans notre consentement», a déclaré Marie-Laure la fille aînée de la famille.

Un testament contesté

« Avant de repartir en France après les obsèques de notre père, notre marâtre Margueritte Nzapaoko avait dans un premier temps nié que le défunt père avait laissé un testament. Elle nous a dit en présence des témoins dont M. Togo et Dr Tenguéré, que papa n’avait pas laissé un testament mais quelques écrits dans un cahier et des griffes sur certains articles du code la famille. Mais grande a été notre surprise, surtout nous les enfants nés du mariage valable, qui, non seulement  n’avons pas reconnu l’écriture de notre père présenté par notre marâtre Marguerite, mais aussi la propre personnalité de papa et des propos qu’il nous avançait de son vivant, comme quoi il laissera un testament avant de mourir. C’est trois mois après que nous sommes entrés en possession d’un faux document prétendument testament de notre père sorti par notre marâtre Marguerite. Alors notre réaction d’opposition à ce faux testament a mis mal à l’aise notre marâtre Marguerite qui a commencé à s’agiter parce que craignant que son calcul va échouer », a encore raconté  Marie-Laure Ramadan.

Des indices de fausseté dans les documents présentés par Margueritte Ramadan selon les enfants de Albertine Ramadan

Les documents qui sont sources de polémique dans cette affaire sont : L’acte de mariage et le testament, présentés par Margueritte Ramadan née Nzapaoko. Dans ces différents documents susmentionnés dont Oubangui Médias dispose des copies, Marie-Laure et Nathalie ont clairement ressorti quelques

indices qui indiquent que ces documents sont tous faux :

Acte de mariage   

Selon l’acte de mariage de Marguerite Ramadan que Marie-Laure et Nathalie ont présenté à la presse, leur marâtre Marguerite a contracté le mariage monogamique avec le feu docteur Gaston Ramadan Mamata le 27 octobre 1979. Cet acte de mariage est enregistré sous le N° 82 et l’entête est au nom de la République centrafricaine, région de l’Ombella Mpoko et district de Bimbo. Mais, bizarrement, le cachet sur cet acte de mariage est au nom de l’Empire centrafricaine. Une incohérence entre l’entête et le cachet. Alors, Marie-Laure et Nathalie se demandent si c’est un document authentique, pourquoi l’entête est au nom de la République centrafricaine tandis que le cachet est au nom de l’Empire Centrafricaine ?

En outre, selon l’acte de mariage contracté entre Albertine et le docteur Ramadan, le mariage a été célébré le 4 avril 1963 sous le régime monogamique. Et, selon le témoignage des enfants de Albertine, leur défunt père n’a pas divorcé avec leur mère jusqu’à sa mort. Alors, la deuxième problématique que ces enfants posent est la suivante : si leur mère Albertine et leur feu père Gaston Ramadan ont contracté un mariage monogamique le 04 avril 1963, pourquoi leur marâtre Marguerite a encore présenté un acte de mariage du 27 octobre 1979 avec le régime monogamique et comme première épouse ? Du coup, selon Marie-Laure et Nathalie, les réponses à ces questions prouveront que l’acte de mariage présenté par Marguerite Ramadan  est faux.

Le Testament

En effet, si Marie-Laure Ramadan a déclaré que leur marâtre Marguerite a affirmé devant quelques témoins que le défunt Gaston n’a pas laissé de testament, il est surprenant que la même Marguerite aille encore sortir un testament trois mois après le retour de Albertine et ses enfants en France. Malheureusement, le testament présenté par Marguerite Ramadan souffre des erreurs juridiques toujours selon Marie-Laure et Nathalie.

Ce testament comporte Trois pages. Sur la première page, on retrouve un cachet au nom de : Docteur Gaston Mamata-Ramadan, chirurgien au CNHU BANGUI-RCA. Tandis que sur les deux dernières pages, on trouve un autre cachet portant le nom de : Docteur Gaston RAMADAN-MAMATA chirurgien à l’hôpital  de l’Amitié BANGUI-RCA.  

Ici la problématique qu’elles posent est la suivante : pourquoi un testament signé à la même date du 14 novembre l’an 2000 par une même personne peut avoir deux cachets différents ? Selon ces dernières, ceci est une autre preuve qui atteste que le testament est monté de toute pièce et dans la précipitation. D’où une déduction de fausseté peut-être  tirée comme conclusion. 

Ce que réclame Marie-Laure et Nathalie Ramadan

En dépit de tout ce que nous avions relaté, Marie-Laure et Nathalie Ramadan, les deux premières filles aînées de la famille, mises en monde par Albertine Ramadan ont déposé une plainte devant la justice contre leur marâtre Marguerite Ramadan. Après plusieurs procédures, l’affaire est demeurée suspendue au niveau de la Cour de cassation.

Pour ce faire, elles demandent l’annulation pure et simple de ces documents à savoir l’acte de mariage et le testament présenté par leur marâtre Marguerite Ramadan qui sont tous, selon elles faux. Elles pensent que l’annulation de ces documents permettra aux différentes familles de revoir les biens familiaux, procéder à une réunion de famille officielle afin de faire le partage équitable des biens qui leurs sont communs. Notons que selon Marie-Laure et Nathalie Ramadan, leur marâtre a récupéré presque tous les  biens de leur défunt père d’où nécessité pour la justice de faire son travail dans les normes des choses afin que la vérité triomphe. 

Réactions du coté Marguerite Ramadan

Marguerite Ramadan, actuel ministre de la Famille n’a pas souhaité faire des commentaires, par mesure d’obligation de réserve. Mais, elle a confié à Oubangui Médias que les enfants à Albertine avaient déposé une plainte contre elle, l’affaire suit son cours à la Cour de Cassation et elle souhaite vivement que cette cours délibère.

Selon quelques enfants de Marguerite Ramadan, aucun bien n’a été confisqué par leur mère. Ce sont ces mêmes personnes qui ont désigné Marguerite Ramadan pour faire l’évaluation des biens, les garder en attendant la réunion familiale pour le partage des biens. « Malheureusement, elles ont porté plainte et l’affaire suit son cours », a confié un enfant contacté par Oubangui Médias. Déjà, sur les trois maisons laissées par le feu Gaston Ramadan, une est occupée par les enfants Albertine, une est occupée par Marguerite et ses enfants et une autre sous contrôle judiciaire.

A noté que défunt Dr. Ramadan a aussi eu d’autres enfants en dehors de deux femmes Marguerite et Albertine.

Dans tout ce développement, Oubangui Médias cherche aussi à entrer en contact avec la famille du défunt Dr Gaston Ramadan pour leurs versions des faits. Seule la justice sera à mesure de départager les deux familles aujourd’hui en conflit pour la succession de leur père.

Me Timoléon Kokongo, à la lumière du Code de la Famille, souligne que tous les enfants, nées dans le mariage ou hors mariage sont tous bénéficiaires des biens de leur défunt père.

Brice Ledoux Saramalet