Lors de son audition du 4 juin dernier devant la Cour pénale spéciale (CPS), l’accusé Edmond Béina a été entendu sur les faits qui lui sont reprochés. Au cours de cette audience, l’interrogatoire s’est porté sur l’attaque de Guen du 1er février 2014.
La Cour a notamment cherché à savoir si les éléments anti-Balaka ayant attaqué la localité avaient reçu des consignes visant à distinguer les musulmans des chrétiens ainsi que leurs habitations, y compris l’implication du défunt Mathurin Kombo dans ces attaques.
Poursuivant son interrogatoire, la Cour a voulu déterminer s’il faisait partie du groupe ayant attaqué Guen. Selon les déclarations du maire, plusieurs combattants anti-Balaka étaient arrivés à son domicile avec leur chef, Béina, qui serait resté sur sa paillote en compagnie de ses hommes. L’accusé a toutefois rejeté cette affirmation.
La Cour lui a également rappelé que lors d’une précédente confrontation, il avait déclaré être encore mineur au moment des faits et soutenu que les véritables responsables devaient être jugés. Il avait alors nié appartenir au groupe ayant attaqué Guen.
Concernant Jean Bahaha, François Boybanda, surnommé « Baléré », et Philémon Kahina, Edmond Béina a nié toute collaboration avec eux. Pourtant, devant le cabinet d’instruction, il avait déclaré avoir un chef qui leur donnait des ordres auxquels ils devaient obéir dans le cadre de l’organisation des attaques.
Au cours de l’audience, la Cour a rappelé que l’accusé avait affirmé que les combattants étaient vêtus en civil au moment des faits et se distinguaient grâce à la cendre mise sur le visage. Toujours selon son témoignage, deux groupes d’environ 300 personnes auraient participé aux attaques.
L’accusé a reconnu être porteur d’une arme traditionnelle, mais a refusé avoir été équipé d’un fusil AK-47. Il a également soutenu que, même s’il avait été présent sur les lieux, il n’aurait pas été en mesure d’empêcher le massacre de 45 personnes.
S’agissant de l’approvisionnement des anti-Balaka en munitions et en vivres, Edmond Béina a affirmé ne disposer d’aucune information, expliquant qu’il ne faisait pas partie du groupe concerné. La Cour lui a toutefois rappelé que devant les juges d’instruction, il avait indiqué que des autorités locales étaient impliquées dans ce ravitaillement. Il a répondu qu’il ne s’agissait alors que de rumeurs.
Tout au long de son audition, l’accusé a clamé son innocence et rejeté l’ensemble des accusations formulées contre lui par certains témoins. Il a notamment contesté être le chef anti-Balaka ayant dirigé des attaques contre des populations civiles.
L’audience, qui devait se poursuivre vendredi avec l’audition d’autres accusés, a finalement été reportée à lundi en raison de l’absence de l’avocat d’Edmond Béina.
Déus Gracias Tchémanguéré

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