Le mardi 13 décembre 2022, le consortium des journalistes centrafricains pour la lutte contre la désinformation (CJCLD) organise une causerie éducative dans le 9e arrondissement, à Mboko.

Cette activité a réuni en priorité les organisations des jeunes, principalement les leaders jeunes. Ainsi on a vu la participation massive des représentants des bureaux des jeunes de Mboko 1, 4 et Mboko Pont. Ont également pris part à cette rencontre, des représentantes de l’organisation des femmes et des représentants des  notables de la localité.

Le but de cette activité est, dans un premier temps, de discuter avec les populations de Mboko pour comprendre comment et par quels canaux est ce qu’elles s’informent. Ensuite l’objectif est de les sensibiliser  à comment percevoir et gérer les informations enfin de débusquer les désinformations.

« Ici, à Mboko, nous nous informons principalement par le canal de la radio. A part la radio nous restons dans la pratique du partage de l’information de bouche à l’oreille. » a expliqué le président de la jeunesse de Mboko Pont.  Il souligne que tant qu’une information n’est pas diffusée à la radio, pour eux, c’est une fausse information.

Partant de ce constat, Aubin Nzengue, le trésorier général du CJCLD, à travers la boite à images, explique au groupe des jeunes de Mboko les méfaits des rumeurs et de la désinformation au sein d’une communauté.

Le coordonnateur du consortium des journalistes pour la lutte contre la désinformation (CJCLD), Georges Stanislas Ouapure Zeze, dans son intervention, tient à souligner que la désinformation est un fléau qui gangrène notre communauté.  Elle passe par différents canaux, même par la radio.

 « La désinformation se définit comme toutes informations fausses, mensongères,  tendant à nuire. Se sont parfois des informations sorties de leur contexte d’une manière volontaire ou involontaire en vue de manipuler ou de tromper les opinions. C’est aussi des fois des informations à caractère propagandiste tendant à mettre en valeur une partie et dénigrer l’autre partie. Ainsi même les médias ne sont pas épargnés dans ces cas de figure.  C’est pourquoi il est très important que vous appreniez à analyser chaque information surtout les vérifier avant de les approuver. » explique  le coordonnateur Georges Ouapure Zeze. Il a aussi souligné l’importance de l’information dans la vie des citoyens.

« Une information peut sauver des vies, donner des opportunités, tandis que les mauvaises informations nuisent à tous les coups. » conclut le coordonnateur.

C’est tout naturellement que le président de la jeunesse de Mboko 1, Madiabola Gbele Paulin, tout en félicitant l’action du CJCLD, regrette que la localité de Mboko, juste à peine 12 km de Bangui est coupée du monde. Cette localité est en proie à une dimension démesurée de la désinformation.

« Seuls moins de 5% de la population de Mboko possèdent un poste radio. Aussi à seulement 12 km de Bangui la radio nationale n’est  pas accessible sur les fréquences dans la localité. Les taximoto sont notre radio nationale. En sillonnant la ville de Bangui à leur retour ils nous rapportent des informations. Et comme nous n’avons pratiquement pas de réseaux téléphoniques, difficiles pour nous de vérifier à temps les informations données par les taximoto. Je peux ainsi dire que c’est la raison pour laquelle la désinformation est monnaie courante dans notre localité. »  a indiqué Paulin

Il a fait un plaidoyer pour que les sociétés de la téléphonie mobile ainsi que la radio nationale puissent venir s’implanter à Mboko pour permettre aux populations de se connecter au reste du monde.

« Nous disons un grand merci au consortium des journalistes centrafricains pour la lutte contre la désinformation d’avoir choisi notre localité pour leur précieuse action de sensibilisation et d’éducation. Nous en avons vraiment besoin. Maintenant à notre tour nous allons sensibiliser tous nos concitoyens. » relève Wakoa Nono, notable à Mboko 4.

« Grand merci au CJCLD pour ce moment de causerie éducative qui est très bénéfique pour nous. Maintenant nous pouvons vérifier les informations, débusquer les désinformations… » note Bambara Nestor adjoint au chef de Mboko 4.

En somme, il convient de souligner que l’activité est réalisée avec les moyens propres du CJCLD. Elle est organisée dans le cadre des recommandations issues du projet « sauver la démocratie contre la désinformation en Centrafrique » financé par l’ambassade de France à Bangui (fin 2021-debut 2022).  Cette activité est élaborée en prélude aux actions du CJCLD pour l’année 2023 où est prévu un grand projet à l’échelle nationale.

Le « Consortium des Journalistes Centrafricains pour la Lutte contre la Désinformation » (CJCLD), est une organisation des journalistes centrafricains qui se donnent la mission de lutter contre la désinformation. Le CJCLD est créé, en 2020, par un groupe de journalistes soucieux de faire le journalisme différemment. Cette plateforme des professionnels des médias a pour objectif de lutter contre la désinformation, à travers la publication des rapports de fact-checking, la vielle médias, les séances de sensibilisation et la publication des communiqués de presse dénonçant les mauvaises pratiques. Le but est d’atténuer ce phénomène qui mine le développement de la République Centrafricaine et qui met à mal les acquis de la paix et du vivre ensemble. Constitué de 15 membres actifs et permanents, le CJCLD dispose d’ores et déjà d’une brigade anti-infox qui veille pour lutter contre la désinformation.

CJCLD