Le Groupe Thématique Environnement et Développement Durable (GTEDD) a dressé ce samedi 30 mai 2026 à son siège au pk15 sur la route de Boali à la sortie Nord de Bangui le bilan global de sa campagne de sensibilisation tenue du 30 avril 2026 dernier, tant sur le plan organisationnel que préparatif. Le résultat est positif selon Jean François THALO, Coordonnateur de l’ONG nationale APCD et le coordonnateur du Groupe GTED à la Maison des Services dresse.. 

Oubangui Médias : bonjour Jean François THALO. Du 30 avril à ce jour, votre organisation à travers le groupe GTEDD, a mené une grande campagne de sensibilisation sur les déchets plastiques à Bangui. Quel bilan faites-vous de ces deux éditions ?

Jean François THALO :  bonjour Monsieur le journaliste. Le bilan est globalement positif pour une première édition. Sur le plan organisationnel, nous avons gagné en expérience et les préparatifs ont duré 1 mois avec la mobilisation de 45 bénévoles formés. Le défi principal était la logistique : obtenir les gants, sacs et autorisation de la Mairie dans les délais. Mais la mobilisation citoyenne a dépassé nos attentes.

Oubangui Médias : quelles ont été les activités phares et leur impact environnemental ?

Jean François THALO : deux activités ont marqué cette campagne : D’abord, un atelier de formation sur les méfaits des déchets plastiques, l’agroforesterie regroupant 20 Organisations de la Société Civile dont 200 personnes et le ramassage des sachets plastiques et plus la sensibilisation du 3 mai. Plus d’une tonne de sachets plastiques ramassés en une matinée avec 20 OSC membres du GTEDD de la Maison des Services. Ensuite, les causeries éducatives à l’école normale supérieure (ENS), touchant plus d’une cinquantaine d’élèves. Enfin, la conférence de presse du 5 mai 2026.

En termes d’impact, on ne change pas les mentalités en un jour. Mais nous voyons des signes, des ménages nous demandent où trouver des sacs réutilisables et 3 quartiers ont mis en place des comités de salubrité après notre passage. Le vrai impact, c’est d’avoir mis le décret d’application sur les sachets plastiques dans le débat public.

Oubangui Médias : quels sont les acteurs qui ont répondu présents et comment évaluez-vous leurs engagements ?

Jean François THALO : la réponse a été large. Du côté des Institutions, la MDS, INRC, l’Union Européenne et le fonds Suisse nous ont appuyés financièrement. L’engagement est réel mais inégal les jeunes sont mobilisés à 100%. Les Institutions nous écoutent, mais nous attendons des actes concrets notamment sur le décret. L’engagement doit passer de la parole à l’acte.

Oubangui Médias: quelles difficultés avez-vous rencontrées dans l’organisation de ces deux éditions et quelle leçon en tirez-vous ?

Jean François THALO : la première difficulté, c’est le manque de moyens financiers pour durer. La deuxième, c’est la résistance culturelle : beaucoup pensent encore que les plastiques c’est n’est pas grave. Il a fallu beaucoup de pédagogie.

La leçon principale, il faut impliquer les Chef de quartier dès la conception. Quand ils sont avec nous, la mobilisation se suit. Autres leçons, sans alternative économique aux sachets plastiques, l’interdiction seule ne marchera pas. Il faut promouvoir les emballages en feuilles de bananier, les  sacs en tissu, et soutenir femmes qui les fabriquent.

Oubangui Médias : quelles sont vos ambitions pour les prochaines éditions de la campagne de sensibilisation et comment comptez-vous renforcer son impact ?

Jean François THALO : pour la prochaine édition, nous avons 3 ambitions notamment, d’étendre la compagne aux villes de province comme Bambari, Bouar et Berberati, lancer une filière pilote de recyclage des sachets avec des artisans locaux et obtenir la signature du décret d’application avant fin 2026.

Pour renforcer notre impact, nous allons créer une plateforme GTEDD, MDS-RCA avec toutes les ONG du secteur pour parler d’une seule voix. Nous visons aussi un partenariat avec le Ministère de l’éducation pour intégrer un module sur les déchets dans le programme scolaire. Le combat contre les plastiques et un marathon, pas un sprint.

Oubangui Médias : Jean François THALO un dernier message à l’endroit du Gouvernement ?

Jean François THALO : au Gouvernement, le texte de loi existe depuis 2019. Il faut maintenant le décret d’application et de mesures d’accompagnement pour les commerçants, bien que des lois et règlements existent, plusieurs contraintes freinent leur mise en œuvre effective. Faible vulgarisation des textes auprès de la population.

Oubangui Médias : Jean François THALO merci !

Jean François THALO : plutôt c’est à moi de vous dire grand merci.

Oubangui Médias : à la lumière de ce bilan, on retient que la lutte contre les déchets plastiques à Bangui est une réussite, grâce à la mobilisation citoyenne du groupe GTEDD. Cependant, le chemin reste encore long sans décret d’application, ni alternative économique fortes.

Arnold Ange FINMINI