« Les voies de communication véritable facteurs de développement ». Cette assertion est loin d’être une réalité dans les préfectures de Nana-Gribizi et l’Ouham-Fafa. Le tronçon qui mène vers Kaga-Bandoro à Kabo est impraticable. En plus de cette dégradation avancée des routes, la plupart des villes n’ont pas un réseau téléphonique. Pour cela, les populations de ces préfectures se plaignent et demandent de l’aide aux opérateurs des téléphones mobiles de leur installer les réseaux pour faciliter la communication  et  booster l’économie.

Lors d’une mission dans ces localités, Oubangui Médias a pu échanger avec les populations des dites préfectures qui sont parfois obligées de se ravitailler des produits de première nécessité dans les pays limitrophes de la RCA. Elles demandent aux autorités de Bangui de leur réhabiliter ces infrastructures routières, qui constituent pour elles un handicap pour le développement de ces préfectures.

Toujours selon elles, la réhabilitation de ces routes et l’installation des réseaux téléphoniques seront une réponse efficace dans la lutte contre l’insécurité et l’instauration de l’autorité de l’Etat mais contribuera à l’épanouissement de la population.

Un chef de quartier que nous avons interrogé déplore l’état des routes : « Les routes sont abimées. Quand un véhicule quitte Bangui pour venir à Kabo (400 KM), il peut passer deux semaines en route avant d’y arriver.  C’est pourquoi nous demandons aux autorités de nous bitumer la route afin que nous puissions mieux vaquer à nos occupations. Nous nous ravitaillons grâce aux pays voisins qui sont à côté et pour aller dans ces pays parfois les commerçants se cachent pour ne pas avoir des ennuis avec les porteurs des tenues».

A Farazala, commune située à plus d’une trentaine de km de Kabo, l’état des routes est déplorable. Il faut passer des heures pour y arriver et aucun réseau téléphonique n’est installé. Pour s’informer, il faut sortir soit à Kabo ou à Ouadango pour avoir des informations sur le pays. Face à cette situation, les populations ont les yeux rivés sur Bangui.

Tenguere Mark président de la délégation spéciale de la commune Waki réside à Farazala: « nous avons beaucoup de problèmes comme vous avez vu. Le problème de réseau surtout car je plaide beaucoup auprès des sociétés comme Telecel et Orange de s’installer quand même ici dans la commune de Farazala qui compte plus de 2.000 habitants. Mais dans cette localité, nous n’avons aucun réseau et nous souffrons.  Pour aller téléphoner, il faut se rendre à Ouadango s’il y a un cas de perturbation on ne sait quoi faire ».

« Aussi, en ce qui concerne les produits de premières nécessité, les commerçants préfèrent payer leurs articles dans les pays voisins. Aller à Bangui est trop risqué. D’ailleurs les marchandises seront plus chères puisqu’ils vont beaucoup dépenser en temps et en argent », a-t-il ajouté.

Regaye Jospin, un commerçant à Kabo s’explique : « Nous achetons nos articles au Tchad, mais nous avons des difficultés parfois on nous demande beaucoup de papiers et quand on en a pas, il faut payer quelque chose et ce qui fait que nous augmentons les prix des articles afin d’avoir aussi des bénéfices. Si nous comptons sur Bangui, nous n’allons pas tenir nos commerces puisque déjà, pour faire Bangui, on peut facilement passer deux semaines en route et le retour on peut dépenser tout notre argent sur le transport puisque l’état des routes n’est pas bien ».

Notons aussi que, sur l’axe Kabo-Kaga-Bandoro, des gros véhicules ont des problèmes. Ils peuvent passer des jours dans la forêt tout en sachant que les rebelles sont partout sur les routes mais ils risquent leurs vies.

Ces localités éloignées éprouvent plusieurs problèmes. D’ailleurs, mêmes les drapeaux de la République qui devraient être hissés devant les maisons des chefs du village sont déchirés. Ces derniers demandent aux autorités de prendre leurs responsabilités.

La question de la dégradation des routes est un problème majeur dans le pays. Plusieurs localités du pays sont coupées de la capitale ou des autres grandes villes à cause de la dégradation avancée des routes.

En conséquence, ces localités connaissent une inflation des prix des produits de première nécessité.

Alors que des sociétés de téléphones mobiles se déploient dans certaines villes, plusieurs autres connaissent encore la fracture numérique et nécessitent un investissement musclé pour installer leurs réseaux.

La conséquence de ces deux problèmes est que la population reste dans le noir. Pas d’accès en route, pas d’accès aux réseaux de téléphonies mobiles.

Le gouvernement a aujourd’hui un défi énorme pour favoriser le développement des infrastructures routières et de télécommunication en Centrafrique.

Dorcas Bangui Yabanga