Lors d’une rencontre tenue le mercredi 24 juin 2026 à Bangui, la communauté islamique de Centrafrique a attiré l’attention du gouvernement sur les agitations du bureau ad hoc sortant, dirigé par l’imam Rator, qu’elle accuse de chercher à semer la division au sein de la communauté. Elle a ainsi lancé un appel aux autorités afin de mettre fin à cette situation.
Le bureau ad hoc du Conseil supérieur islamique de Centrafrique (CSISCA), mis en place après le décès de l’ancien président de l’institution pour assurer l’intérim, envisage d’organiser une assemblée générale du 3 au 5 juillet prochain. Les organes et associations de base soutenant l’actuel bureau du Conseil supérieur islamique, démocratiquement élu en décembre 2025, se sont opposés à cette initiative. Selon eux, le bureau ad hoc dirigé par l’imam Rator a déjà achevé sa mission intérimaire.
Pour ces organisations, un nouveau bureau légitime est déjà en place. Elles estiment donc que le bureau ad hoc sortant n’a plus qualité pour convoquer une assemblée générale et considèrent cette démarche comme une tentative de créer le désordre et de semer la division.
À l’issue de cette rencontre tenue à la mosquée de Yapélé, dans le deuxième arrondissement de Bangui, les participants ont réaffirmé leur soutien au bureau qu’ils jugent légitime. Selon eux, une manifestation sera organisée afin de montrer à l’opinion nationale et internationale ce qu’ils qualifient de tentative de déstabilisation du CSISCA par le bureau sortant.
Les participants ont demandé au gouvernement centrafricain d’intervenir rapidement pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme un « désordre », afin de permettre au CSISCA de fonctionner normalement et de poursuivre sa mission de promotion de la paix en Centrafrique. C’est ce qu’a déclaré l’imam Yaya Kongo-Voulou, président de l’Association Pieuse Islamique Sociale d’Assistance et de Rééducation en Centrafrique (PISARC) :
« Si aujourd’hui nous sommes réunis, c’est parce que nous sommes en colère. Nous représentons les organes du CSISCA et c’est nous qui avons élu son bureau. Mais jusqu’à présent, nous constatons que les choses ne fonctionnent pas bien et cela ressemble à un mépris envers notre organisation. Le sort du CSISCA nous inquiète. C’est pourquoi nous sommes réunis pour voir par quels moyens nous pouvons libérer notre organisation de l’emprise de ceux qui veulent la prendre en otage », a-t-il souligné.
Au cours de la réunion, les représentants de ces organes ont rappelé que le CSISCA est indivisible et appartient à l’ensemble de la communauté islamique centrafricaine. Le bureau exécutif a appelé les organes et associations à faire preuve de retenue, rappelant que la communauté islamique a beaucoup souffert des différentes crises qu’a connues le pays. Toutefois, ces organisations ont annoncé leur intention d’organiser une manifestation pacifique pour dénoncer les agitations qu’elles reprochent au bureau ad hoc sortant.
Caleb Zimango Bango

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