À Bangui, les travaux de réhabilitation de certaines grandes artères redonnent peu à peu espoir aux habitants. Pourtant, à quelques rues seulement de ces chantiers prometteurs, la réalité est tout autre. Dans les quartiers de Kpetene 1, 2, 3 et 4, la rue de Oubangui reste dans un état de dégradation avancée, suscitant frustration et incompréhension.
Sous un soleil de plomb, des habitants tentent tant bien que mal de circuler sur cette voie devenue presque impraticable. Nids-de-poule profonds, flaques d’eau stagnante, amas de sable et de gravats : le décor témoigne d’un abandon prolongé. « Quand il pleut, on ne peut même plus passer », confie Marie, vendeuse de légumes installée en bordure de route. « Les motos refusent de venir ici, et nos activités en souffrent énormément. » A-t-elle martelé.
Le contraste est d’autant plus frappant que, non loin de là, des engins s’activent pour moderniser d’autres avenues. Ce décalage alimente un sentiment d’injustice chez les riverains. Beaucoup s’interrogent : pourquoi certains axes sont-ils prioritaires tandis que d’autres, tout aussi fréquentés, semblent oubliés ?
Pour les conducteurs de taxi-motos, emprunter la rue de Oubangui relève du défi quotidien. « Nos motos s’abîment rapidement à cause des trous. On perd de l’argent en réparations, et parfois on préfère éviter complètement cette zone », explique Jonas, casque à la main.
Une situation qui isole davantage les habitants et complique l’accès aux services essentiels, notamment pour les personnes âgées ou malades.
Au-delà des désagréments immédiats, c’est toute la dynamique économique locale qui est impactée. Les petits commerces enregistrent une baisse de fréquentation, et certains envisagent même de fermer temporairement. Les parents, eux, s’inquiètent pour leurs enfants qui doivent emprunter cette route pour se rendre à l’école.
Face à cette situation, les habitants lancent un appel aux autorités. Ils demandent une prise en compte urgente de leur quartier dans les programmes de réhabilitation urbaine. Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’une question de confort, mais de dignité et d’égalité.
Dans une ville en pleine transformation, la rue de Oubangui rappelle que le développement urbain doit être inclusif. Car derrière chaque route oubliée, ce sont des vies quotidiennes qui restent en suspens, dans l’attente d’un changement concret.
Héritier Pappus BVIII

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