La Direction Générale de la Décentralisation et de l’État Civil (DGDEC) du Ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local (MATDDL), et avec l’appui technique de l’opérateur CIVIPOL vient de lancer du 16 au 17 juillet 2026 une formation intensive de ses agents sur la numérisation des documents d’état civil à Bangui.

L’objectif est de doter le pays des compétences nécessaires pour que l’intégralité des registres d’état civil de la zone du projet et à terme du pays soit entièrement numérisée, sécurisée et centralisée.

Cette initiative s’inscrit en droite ligne avec les orientations de la Politique Nationale de l’État Civil (PNEC), validée et adoptée le 4 avril 2025 par le Chef de l’État.

Une refondation technologique et institutionnelle majeure est en marche en République Centrafricaine et s’inscrit dans le cadre du projet d’Appui à la Modernisation, à la Sécurisation et à l’Accessibilité du Système d’Etat Civil en RCA, financé par la Délégation de l’Union européenne.

La formation Co-animée par l’expert archiviste en gestion électronique des documents, Mor DIEYE et Babacar Sow, expert digitalisation et systèmes d’information, consiste à former les agents aux opérations de sécurisation des registres d’état civil afin de faciliter la recherche et la vérification des actes par les acteurs du système d’état civil (officiers d’état civil, agents de police, tribunaux, etc.).

Sauvegarder la mémoire administrative et collective de la Nation

Le défi de la détérioration des documents physique, qui constitue une menace pour le patrimoine écrit du pays – où plus de 56 % des registres d’état civil originaux sont dégradés ou menacés par l’usure mécanique et climatique, fait de cette campagne de numérisation un véritable « Plan d’Urgence » pour la mémoire administrative centrafricaine.

Dans le cadre de la formation, les équipes sont préparées à l’utilisation de scanners de pointe et aux techniques modernes de numérisation. Cette formation offre aux agents la possibilité de recueillir, de sécuriser et de centraliser numériquement les données, y compris dans les communes et les tribunaux les plus isolés de l’arrière-pays.

Du rattrapage d’urgence à l’autonomie numérique

La méthodologie ne se limite pas à la simple photographie des archives. Elle pose les fondations du futur Système National Intégré de Gestion de l’État Civil en alimentant directement le Registre National de l’État Civil (RNEC). Les données numériques issues des opérations de numérisation des registres d’état civil sécuriseront ainsi l’ensemble du fichier national, pérennisant près de deux (2) millions d’actes d’état civil, dont 125 000 actes de naissance déjà délivrés à la faveur des récentes campagnes d’enregistrement tardif à l’état civil.

Plus ambitieux encore, le MATDDL, appuyé par son opérateur technique CIVIPOL, se prépare au déploiement d’un logiciel applicatif endogène centrafricain destiné à couvrir, à terme, la gestion des faits d’état civil : les naissances (désormais calées sur le nouveau délai légal de 180 jours du Code de Protection de l’enfant), les mariages, les décès.

Ce programme transforme en profondeur le service public de l’état civil. Les agents formés ont déjà démarré la numérisation des registres d’état civil marquant une étape décisive de la souveraineté numérique de la République centrafricaine.

Angela Pascale KOYAKANGUI