Une délégation de l’ambassade de France en Centrafrique a visité le Centre d’alphabétisation et de formation en braille pour les aveugles en Centrafrique (CAFBAC), le jeudi 2 avril dernier à Bangui. L’objectif de cette visite était de tisser un partenariat entre ce centre et la Fondation Valentin Haüy, basée en France, afin d’apporter un appui à cette structure qui fait face à d’énormes défis dans son accompagnement des personnes malvoyantes.
Cette visite a servi d’intermédiaire entre le CAFBAC et la Fondation Valentin Haüy. Les élèves du centre ont chaleureusement accueilli la délégation de l’ambassade de France venue s’enquérir de leurs conditions d’apprentissage.
Situé dans le 8ᵉ arrondissement de Bangui, plus précisément au quartier Combattant, le CAFBAC est un centre dédié à l’éducation des personnes atteintes de déficience visuelle. Il a notamment encadré deux élèves déficients visuels, Jean-Claude Togoue et Thècle Poubangui, qui ont obtenu leur baccalauréat en 2025. Après l’obtention de leur diplôme, ils souhaitent poursuivre leurs études universitaires. Cependant, faute de moyens financiers, leur projet d’avenir semblait compromis.
Face à cette difficulté, le coordonnateur du centre s’est mobilisé afin de trouver une solution. Il a ainsi plaidé auprès de l’ambassade de France en Centrafrique. Partenaire du gouvernement centrafricain, l’ambassade a répondu favorablement à cette sollicitation.
C’est dans ce cadre que l’ambassade de France a relayé le cri de cœur du CAFBAC auprès de la Fondation Valentin Haüy, dont la mission est de soutenir les personnes déficientes visuelles désireuses de poursuivre leurs études et de réussir leur insertion sociale. La fondation a finalement accepté de financer les études universitaires des deux bacheliers, tout en apportant un appui au centre.
Cette décision a suscité une grande joie chez Jean-Claude Togoue, qui a exprimé sa reconnaissance : « Dès que j’ai appris la nouvelle concernant la prise en charge de nos études par la Fondation Valentin Haüy, j’ai explosé de joie. Notre patrie nous avait tourné le dos et nous avions perdu espoir. Dieu merci, la fondation a accepté de nous soutenir. Je ne sais comment exprimer ma gratitude envers cette organisation. J’en profite également pour remercier l’ambassade de France pour les efforts déployés afin de nous trouver des partenaires. C’est une grande fierté pour le CAFBAC », a-t-il déclaré.
Au cours de cette rencontre, les élèves déficients visuels ont fait des démonstrations en dictée et en calcul. Leur prestation a impressionné la délégation en visite et mis en lumière leur détermination à réussir. Certains ont même évoqué leurs ambitions professionnelles après leurs études, notamment dans le domaine des médias.
Toutefois, le centre fait face à un manque d’enseignants déficients visuels capables de transmettre leurs connaissances aux élèves, en particulier aux jeunes filles. Cette situation a motivé Thècle Poubangui à orienter son avenir vers la carrière d’enseignante.
« Après l’obtention de mon baccalauréat, je souhaite suivre une formation au CPR afin de devenir enseignante. J’ai fait ce choix parce qu’au CAFBAC, il existe actuellement un sérieux manque d’enseignants pour former les élèves malvoyants. Ce problème se ressent davantage chez les filles. En dehors de madame Élodie, il n’y a aucune femme enseignante au centre. Consciente de cette situation et voyant nos cadets confrontés à ces difficultés, j’ai pris l’engagement de devenir enseignante afin d’apporter ma contribution au CAFBAC », a-t-elle affirmé.
Le CAFBAC est aujourd’hui l’unique centre qui accompagne les personnes déficientes visuelles en Centrafrique. Pourtant, depuis sa création, il ne bénéficie que de très peu de soutien de la part des autorités publiques. Une situation paradoxale, alors même que les autorités du pays, notamment le Président de la République, réaffirment régulièrement leur engagement en faveur de l’accès à l’éducation pour tous.
Sur le plan matériel, le centre rencontre d’importantes difficultés. Les cinq machines Perkins dont il dispose sont toutes en panne. Le CAFBAC accueille actuellement 243 élèves, répartis entre le cycle fondamental (du CI au CM2) et le cycle secondaire (de la 6ᵉ à la Terminale).
Caleb Zimango Bango

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