Instaurée en novembre 2021 par l’UNESCO lors de sa 41e session à Paris, la journée internationale des réserves de biosphère est célébrée le 3 novembre de chaque année afin d’attirer l’attention des gouvernements et États sur l’importance écologique des aires protégées. Ce samedi 4 novembre 2023, une conférence de presse a été animée par les responsables de Widlife Conservation Society (WCS) pour communiquer sur l’état actuel des parcs de Bamingui et celui de Manovo-Gounda Saint Floris au Nord-est du pays et l’impact de ses activités sur la population riveraine.

Selon le Directeur-pays de WCS, Dr Felin Twagirashyaka, une réserve de biosphère est un territoire reconnu par l’UNESCO et qui regroupe de la biodiversité et le développement durable. Elle accueille aussi des groupes d’espèces végétales et animales également des écosystèmes.

Le complexe des aires protégées du Nord-est de la RCA fait partie des 11 nouvelles réserves de biosphère du Réseau mondial.

Près de cinq ans aujourd’hui après son implantation en 2018 suite à un accord entre le gouvernement centrafricain et l’ONG internationale WCS, et malgré les défis sécuritaires et de COVID19, cette organisation n’a ménagé aucun effort pour redonner espoir aux faunes des parcs nationaux de Manovo-Gounda saint Floris et celui de Bamingui de revenir.

Cette zone, selon les responsables de WCS compte environ 80.000 habitants qui vivent de la pêche, chasse et des activités champêtres et l’extraction de diamant. Afin de réussir sa mission qui est celle de protéger ce complexe des aires protégées, le WCS qui a une forte expertise dans ce domaine a mis en place un mécanisme pour récupérer les superficies de ce complexe.

En dépit des appuis pour le retour de l’autorité de l’état et aux autorités, l’ONG internationale WCS a initié des formations des agents Tango servant à orienter les éleveurs pendant la transhumance, en plus de cinquante écogardes dont leurs missions est de protéger les parcs contre le braconnage. Et des jeunes ont été formés dans les domaines de coutures, maçonneries et la mécanique moto.

Pour la résilience et l’amélioration des conditions de vie de la population riveraine, plusieurs projets durables ont été initiés dans ces zones. La mise en place des groupements agricoles qui sont dotés par certaines variétés de plantes de manioc développées par l’ICRA, création des maisons de miel pour la fabrication de ces miels de qualité, appui aux associations de fabrication de beurre et du savon :

« Toutes ces activités témoignent l’engagement de WCS contenus le protocole d’accord entre lui et le gouvernement centrafricain. Cela peut être mesuré dans dix à vingt ans. Nous sommes en train de négocier un partenariat entre les industries cosmétiques pour racheter ces produits qui sont produits localement afin de permettre à la population d’abandonner la chasse et créer sa propre entreprise. Donc, contrairement à ce qui se trame sur les réseaux sociaux et dans certains journaux de la place, le bilan de nos activités est positif et visible. Certaines espèces qui ont fui pour aller dans les parcs au Tchad, commencent à revenir parce qu’il n’y a plus de détonation d’arme dans les parcs, nous avons passé de 3000 km2 à 17000 km2 en terme de superficie de ce complexe des aires protégées du Nord-est. C’est ce qui justifie aussi l’appui financier de l’Union Européenne à notre organisation jusqu’à ce jour », a indiqué Félin Twagirashyaka Directeur-Pays de WCS Centrafrique.

Présent à cette conférence de presse, Lucien Okala Etoundi Directeur administratif et financier de WCS RCA a ajouté que l’organisation compte à ce jour 291 personnels permanents dont 9 expatriés sans compter les journaliers qui sont embauchés parfois pour le nettoyage des pistes dans les parcs.

Il faut souligner que l’accord a prévu la nomination de certains cadres nationaux par le ministère des Eaux, Forêts, Chasse et pêche et la mise en place du conseil d’administration, chose qui n’a pas été faite jusqu’à lors.

Christian Steve SINGA