Le ministre de l’Action humanitaire et de la Réconciliation Nationale Virginie Baikoua était devant les Elus de la Nation, ce mercredi 19 octobre 2022 afin de répondre sur les situations des sinistrés suite au débordement des eaux de l’Oubangui et les pluies diluviennes occasionnant la destruction de plusieurs maisons dans certaines parties du pays.

Après le discours d’ouverture du deuxième Vice-Président de l’Assemblée nationale Bernard Dillah, représentant du Président de l’Assemblée nationale Simplice-Mathieu Sarandji absent du pays, Virginie Baikoua ministre de l’action humanitaire, a présenté d’une manière succincte les efforts du gouvernement centrafricain notamment son département au profit des victimes de ces multiples catastrophes naturelles qui ont lieu suite aux débordements des eaux de l’Oubangui et les pluies diluviennes qui se sont abattues dans la capitale et à l’intérieur du pays ces derniers temps. 

La ministre a rappelé l’assistance en kits d’urgence au mois de mai en synergie avec les organismes internationaux qui appuient l’État centrafricain. Selon elle, le gouvernement est toujours attentif aux plaintes de ces sinistrés et les déplacés internes: « Dans sa politique de la gestion des catastrophes, suite aux inondations qui ont eu lieu en 2019, le gouvernement a mis en place un comité stratégique de la gestion des catastrophes naturelles, piloté par le ministère de l’Action Humanitaire. Ce comité a pris en compte certains départements comme celui des travaux publics, puisque le gouvernement n’a pas seulement ce rôle d’intervenir sur les inondations mais aussi de prévenir ces catastrophes en vue de limiter les dégâts sur la population », a souligné la ministre de l’Action Humanitaire.

Lors des séances de question et réponse, certains élus de la nation ont déploré l’inégalité dans la distribution des kits en faveur des victimes de ces inondations. Certains députés des provinces estiment que les actions du gouvernement se sont limitées qu’à Bangui et non à l’intérieur du pays. Jean-Sosthène Dengbé, député de Berberati I contrairement à ses collègues députés a émis certaines pistes de solution par rapport à ces catastrophes naturelles qui d’ailleurs ne sont pas encore à leurs fins. Selon lui, le gouvernement centrafricain doit travailler avec des spécialistes de l’environnement afin de réduire les conséquences de ces inondations.

En réponse à ces multiples préoccupations de ces députés, la ministre Virginie Baikoua a indiqué que le gouvernement n’a oublié la population qui est à l’intérieur du pays mais le gouvernement est entrain de déployer des efforts pour appuyer les compatriotes qui sont à l’intérieur du pays. Des kits alimentaires sont déjà disponibles, pour apporter une réponse aux sinistrés qui sont dans les provinces. Toutefois, la ministre a reconnu que des nombreuses personnes touchées par cette crise n’ont pas encore reçu une assistance faute des moyens financiers et la pénurie des hydrocarbures qui limitent les interventions humanitaires dans le pays.

En ce qui concerne les interventions des organisations non gouvernementales à l’intérieur du pays, la ministre a souligné que ces ONG travaillent en collaboration avec le gouvernement centrafricain, et son département ne cesse d’interpeller chaque acteur humanitaire sur leurs interventions sur le terrain : « Notre travail est de sauver la vie de nos populations, et nous sommes toujours prêts à rappeler à l’ordre ces acteurs humanitaires. D’autres part, ce qui nous empêche à intervenir d’une manière rapide, c’est le difficile accès à certains endroits, les voies de communication sont dégradées », a-t-elle ajouté.

Il important de préciser qu’il était prévu deux interpellations, celle de la ministre de l’Action Humanitaire et son collègue de l’énergie et de l’hydraulique Arthur Bertrand Piri sur la problématique de manque de carburant dans les stations-services ces derniers mois mais au dernier moment, le ministre Arthur Bertrand Piri ne s’est pas présenté à l’appel des Elus de la Nation. Aucune information n’est filtrée sur son absence.

Le Premier ministre lors de son interpellation sur cette question de carburant avait indiqué devant les élus de la Nation que le gouvernement donne deux semaines pour résoudre cette pénurie. Plus de deux mois, la question persiste et affecte non seulement l’économie du pays mais les interventions humanitaires alors que 2, 6 millions de la population ont besoin d’une assistance humanitaire cette année.

Selon le rapport du bureau de la coordination humanitaire en Centrafrique (OCHA), datant du 17 juillet 2022, depuis le mois de juin 2022, les inondations ont affecté environ 104 000 personnes, détruit plus de 5 000 maisons et plus de 19 500 hectares de cultures et endommagé de nombreuses infrastructures dans 12 préfectures du pays sur 17, y compris la capitale Bangui. Sept écoles sont toujours occupées par les déplacés victimes des inondations, impactant 10 000 élèves pour l’année scolaire 2022-2023.

En complémentarité aux efforts du Gouvernement, la communauté humanitaire a fourni une réponse d’urgence multisectorielle à plus de 44 0001 personnes. De nombreuses personnes affectées n’ont pas encore reçu de l’assistance, entre autres, par manque de ressources et d’accès physique. La situation demeure particulièrement préoccupante dans les zones difficiles d’accès, notamment dans les préfectures de la Vakaga et de la Haute-Kotto. Selon les prévisions météorologiques, il est à craindre que des nouvelles inondations surviennent d’ici la fin de la saison des pluies (avril – octobre).

Christian Steve SINGA