L’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), une entité chargée de l’assistance aux déplacés dans les pays en crise, a lancé un nouveau projet en République centrafricaine. Il s’agit du projet « Améliorer l’assistance aux migrants, aux personnes déplacées et aux communautés hôtes, à risque ou victimes de la traite des personnes et de violences basées sur le genre en République centrafricaine ». Ce programme vise à protéger et à assister les migrants vulnérables.

Le lancement officiel du programme a été marqué par la signature d’une convention entre la cheffe de mission de l’OIM en République centrafricaine, Madame Carlotta de Piedade Alfredo Cuamba, et l’ambassadeur de l’Union européenne, Diogo Escalona Paturel. Cette convention vise la mise en œuvre des activités du projet.

Financé par l’Union européenne à hauteur de 2 milliards de FCFA, le projet contribuera à « accompagner la mise en application de la loi portant lutte contre la traite des personnes, notamment les femmes et filles vulnérables à l’exploitation sexuelle ainsi qu’au travail et mariage forcé ».

Il vise à prévenir, atténuer et répondre aux risques de protection tels que la traite des personnes, tout en renforçant les capacités des acteurs institutionnels et de la société civile. Il entend également aider les membres de la communauté à mieux comprendre, prévenir et réagir face à ces risques, garantir une assistance individuelle aux victimes et personnes à risque, et faciliter leur accès à la justice.

Pour l’Union européenne, ce projet revêt une importance capitale pour la RCA, qui continue de faire face à des défis sécuritaires provoquant le déplacement de populations. Dans son allocution, l’ambassadeur Diogo Escalona Paturel a salué l’engagement du pays dans la lutte contre les violences basées sur le genre : « Nous tenons à saluer le fait que la RCA dispose de plusieurs instruments juridiques pour lutter contre la traite des personnes. Il convient aussi de souligner l’existence d’une unité mixte de répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants ».

Du côté des autorités centrafricaines, le ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye-Abazène, a remercié l’Union européenne pour son soutien à ce projet. Il a rappelé que le pays continue d’enregistrer des cas de traite des personnes et a exprimé l’espoir que ce projet puisse aider la RCA à trouver une solution durable : « J’espère que ce projet contribuera sans doute à prévenir et à répondre aux risques liés à la traite des personnes en lien avec les violences basées sur le genre, tout en renforçant la capacité des acteurs institutionnels et humanitaires afin de répondre aux préoccupations de nos compatriotes ».

Le projet sera principalement mis en œuvre dans la préfecture de la Mambéré-kadeï, notamment à Berberati, où il est prévu la construction d’une antenne de l’UMIRR. De manière plus large, les activités du projet seront déployées dans les préfectures de Bouar, Bambari et Bangui, en raison de la présence d’antennes de l’UMIRR et de la nécessité d’y renforcer la prévention, la protection et la poursuite des cas présumés de traite des personnes.

Le projet promouvra la consultation, la mobilisation et la participation des communautés, tout en facilitant leur accès à l’assistance en protection, notamment aux soins de santé mentale et au soutien psychosocial. Il vise également à informer les acteurs humanitaires et institutionnels sur les besoins et les données collectées en lien avec le phénomène de la traite des personnes en RCA.

L’approche globale du projet est intégrée et participative, ciblant à la fois les institutions, les communautés et les victimes de la traite des personnes. Elle repose sur trois axes principaux : la prévention, la réponse et le renforcement des capacités. Cette approche permettra de sensibiliser les communautés, d’apporter un soutien aux victimes et de renforcer les systèmes institutionnels et communautaires.

Selon l’OIM, deux principaux résultats sont attendus dans le cadre du projet. Premièrement, le dispositif national de prévention et d’assistance aux victimes de la traite des personnes deviendra pleinement opérationnel, et la connaissance des acteurs étatiques sur la loi nationale contre la traite des personnes ainsi que sur les procédures opérationnelles normalisées (pour l’identification, la protection et l’assistance des victimes) sera améliorée. Deuxièmement, les institutions gouvernementales disposeront de données fiables et actualisées sur le phénomène de la traite des personnes.

Le programme « Améliorer l’assistance aux migrants, aux personnes déplacées et aux communautés hôtes, à risque ou victimes de la traite des personnes et de violences basées sur le genre en RCA » sera mis en œuvre pour une durée de 36 mois, soit 3 ans. Il permettra de renforcer les capacités de 800 acteurs de la chaîne pénale et de la société civile ainsi que de 150 membres des communautés locales.                   Déus Gracias Tchémanguéré