Les réactions continuent d’affluer en République centrafricaine à la suite de propos jugés humiliants et dénigrants à l’égard de la femme centrafricaine, attribués à Ionel Gilles Gouandjika et relayés sur les réseaux sociaux.
Face à la polémique, le Mouvement des survivantes en Centrafrique (MOSUCA) est monté au créneau pour exprimer son indignation et exiger des mesures.
Dans une déclaration ferme, la coordinatrice du MOSUCA, Léa Félicité Kongbo, a dénoncé ce qu’elle qualifie de discours inacceptable portant atteinte à la dignité des femmes, en particulier celles victimes de violences sexuelles liées aux conflits. « Aux dernières nouvelles que nous suivons sur Internet, nous disons non aujourd’hui à ces propos de dénigrement », a-t-elle martelé.
S’appuyant sur les engagements pris par le chef de l’État lors de son investiture, notamment le principe de « l’impunité zéro », la responsable du mouvement a interpellé directement les autorités. « En tant que représentantes des survivantes en Centrafrique, nous voulons que Ionel Gouandjika soit traduit en justice », a-t-elle déclaré, rappelant que le président de la République s’est positionné comme «étant le père de la Nation, il est aussi le père des femmes et des victimes de violences sexuelles liées au conflit ».
Au cours de cette rencontre avec la presse, d’autres voix se sont également élevées pour condamner ces propos. Bogon Prisca, du groupe des Saint Martyrs, a insisté sur l’impact de cette affaire au-delà des frontières nationales. « Cette affaire dénigre la femme centrafricaine sur le plan mondial, puisque ces propos ont été diffusés sur les réseaux sociaux. Il a été enfanté par une mère ; qu’elle soit centrafricaine ou non, cela reste une femme », a-t-elle souligné.
Au-delà de l’indignation suscitée, cette affaire met en lumière une problématique plus large : la banalisation des violences verbales à l’encontre des femmes dans l’espace numérique. Dans un contexte marqué par l’avènement de la 7e République, les organisations de défense des droits des femmes entendent maintenir la pression pour que les engagements en matière de justice et de protection soient effectivement respectés.
Pour de nombreuses Centrafricaines, cette affaire constitue un test pour les autorités, appelées à traduire en actes leurs promesses de lutte contre l’impunité. « Nul n’est au-dessus de la loi », rappellent-elles, en exigeant que justice soit faite.
Charlemagne Nzembe

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