Lors de la cérémonie de lancement des états généraux de l’Ecole Catholique Associée en Centrafrique (ECAC) lundi dernier, Mgr Nestor Désiré Nongo-Aziagbia, président de la commission éducation catholique, a pris la parole pour répondre aux préoccupations des familles. Beaucoup reconnaissent la qualité de l’enseignement dispensé par l’Église, mais dénoncent la hausse régulière des frais de scolarité. Interrogé sur les raisons de cette situation, le prélat a livré une analyse franche et détaillée.
« Les états généraux, c’est un moment de refondation pour notre Église catholique dans le domaine de l’enseignement », a-t-il déclaré. Le thème choisi Éduquer, innovation, service, transformation traduit la volonté de mener une évaluation critique de la situation actuelle. Pour lui, il ne s’agit pas de tout remettre en cause, mais de capitaliser sur les acquis et de réfléchir à la manière de se projeter dans l’avenir.
Mgr Nongo-Aziagbia a insisté sur la dimension de justice qui doit guider cette refondation. « Nous accueillons des enfants, mais ces enfants-là doivent être accompagnés par des éducateurs, des formateurs. Le cadre, l’environnement de cette éducation, les établissements, l’équipement et autres, ça a besoin d’argent », a-t-il expliqué. Or, contrairement à ce que certains pourraient penser, les ressources financières ne proviennent pas de l’État. « Cet argent-là ne vient pas de l’État, même si un accord a été signé de convention de partenariat », a-t-il précisé.
Cette réalité place l’Église face à un dilemme : comment maintenir la qualité de l’enseignement tout en garantissant des infrastructures décentes et une rémunération juste pour les enseignants, sans alourdir excessivement la charge des familles ? « Si on veut mettre les infrastructures à niveau pour accueillir les enfants dans des conditions décentes, et si on veut être juste envers les enseignants, il faudrait voir. Ou bien, on n’équilibre pas », a résumé le président de la commission.
Le lancement des états généraux ouvre ainsi une période de réflexion collective. L’objectif est de trouver des solutions durables qui concilient accessibilité financière et exigence de qualité.
Ces assises apparaissent comme une étape décisive pour l’avenir de l’éducation catholique en Centrafrique. Elles devront permettre de bâtir une école qui innove, qui sert et qui transforme, tout en restant juste et accessible à tous.
Dieu Beni Anderson Kabou

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