La sous-préfecture de Ippy dans la Ouaka accueille trois sites des déplacés. Ceci, après les différentes vagues de violences perpétrées par les groupes armés entre fin 2021 et février 2022 sur les axes Ippy-Bria, Ippy-Ouaka  et Ippy-Ndassima. Parmi les besoins humanitaires auxquels ils font face figure le besoin en eau potable. Devant cette situation d’urgence, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a volé à leur secours en installant trois points d’eau pour palier enfin ce problème.

En effet, les trois sites des déplacés ayant vu le jour à Ippy sont : le site de Foulbé qui compte 1 455 personnes, celui du quartier Yétomane avec 10 000 personnes et enfin celui de Bougoyo qui regroupe 4 060 personnes. Ces centrafricains manquaient non-seulement de l’eau en terme de quantité mais ils buvaient que de l’eau de source non-aménagée. Cette triste réalité les expose à des maladies hydriques car ils sont exposés à toute pollution organique et fécale

Devant cette urgence humanitaire, l’équipe Eau et Habitat du CICR à Bambari, après avoir constatée les faits, a vite décidé d’apporter une assistance en la matière. C’est ainsi qu’à partir du 18 mars 2022, cette équipe a commencé à mener des opérations d’approvisionnement en eau sur les trois sites. L’idée est de couvrir les besoins des déplacés et celui de la population résidente aux alentours de ces sites. 

Devant cette assistance, les déplacés ne peuvent cacher leur satisfaction : « Nous ne buvions que de l’eau de source bien que les enfants défèquent dans cette rivière. Cela a causé chez nous des maladies  infectieuses et les maux de ventre. Mais aujourd’hui, grâce au CICR, nous avons de l’eau potable. Je suis reconnaissante et je dis merci à cette organisation humanitaire », a expliqué Raymonde Djalegué, l’une des déplacés du site de Yétomane.

Quant à Aïssatou,  mère des 6 enfants habitant le site Foulbé, émue, elle témoigne presque en sanglot ce qu’elle vivait avant l’installation du point d’eau sur ledit site: « Bien avant, si on allait chercher de l’eau, les habitants nous chassaient de leur puits et même à la source qui est naturelle. Ils nous créaient toujours des problèmes surtout que nous sommes des peulhs. Cela finissait par des bagarres entre eux et nos enfants. Merci au CICR qui a pensé à nous et aujourd’hui nous pouvons utiliser de l’eau propre à la longueur de la journée ».  

Pour favoriser la bonne distribution et la maintenance de ces points d’eau, le CICR  a initié une stratégie qui consiste à choisir un délégué en commun accord avec les déplacés. « Nous veillons sur l’entretien du point d’eau et organisons de tirage au sort chaque fin de la semaine pour choisir des personnes qui vont assurer la surveillance et l’entretien du point d’eau pour éviter des bagarres et de désordre », a précisé Aristide Koyendji, gestionnaire du site de Yétomane. 

De manière précise, d’abord, sur le site de Foulbé, le CICR a installé un système de fourniture d’urgence via le forage d’Oxfam (blader de 15 000 litres, deux rampes de six robinets, une pompe immergée alimentée par générateur de 6,5KVA). Ce système permet de fournir 30 000 litres par jour pour 2 000 bénéficiaires.

Ensuite sur le site de Yétomane, il s’agit d’un système de fourniture d’eau d’urgence par captage en rivière à 700m du site, station de pompage, construction d’une plateforme, trois rampes de six robinets et d’un blader de 15m3. Le système fournit 80 000 litres d’eau par jour pour 5 333 bénéficiaire.

Enfin sur le site de Bougouyo, c’est encore un système de fourniture d’urgence via le forage d’Oxfam (blader de 15 000 litres et un autre de 10 000 litres avec quatre rampes de six robinets, une pompe immergée alimentée par générateur de 6,5 KVA. Ledit système permet de fournir 65 000 litres par jour pour 4 333 bénéficiaires.

Pour Ousmane Haroune, assistant au département Eau et Habitat de la sous délégation du CICR à Bambari : « Présentement, nous sommes obligés de faire ce système d’urgence pour vite secourir les déplacés car ils sont en détresse. Cependant, le contexte montre que ces derniers ne sont pas près de retourner dans les anciennes localités. Alors, la prochaine étape si nous aurons la possibilité, nous allons installer un système avec le solaire pour favoriser la pérennisation de la distribution ».

Les violences dans la région de la Ouaka entre les groupes armés inquiètent encore les déplacés. Ils sont nombreux à ne pas encore exprimer leurs désirs de retourner dans ces lieux d’origine.

Rappelons que le CICR est une organisation impartiale, neutre et indépendante. Il est a pour mission exclusivement humanitaire de protéger la vie et la dignité des victimes de conflits armés et d’autres situations de violences et de leur porter assistance. Le CICR s’efforce aussi de prévenir la souffrance par la promotion et le renforcement du droit et des principes humanitaires universels.

Brice Ledoux Saramalet