Alors que la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) prépare l’introduction d’une nouvelle gamme de pièces de monnaie, de fausses images circulent sur les réseaux sociaux, semant la confusion. L’institution monétaire met en garde contre ces informations erronées et rappelle que seule sa communication officielle doit être considérée comme fiable.
Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) met en garde. Dans un communiqué signé le 6 mars 2025, Yvon Sana Bangui dénonce la diffusion sur les réseaux sociaux, de photos et vidéos présentant de supposées nouvelles pièces de 150 FCFA et de 350 FCFA bientôt en circulation. Selon le dirigeant, l’institution monétaire régionale « n’est en aucun cas à l’origine de ces fausses informations et dénonce fermement cette manipulation grossière, dont l’objectif manifeste est de tromper les populations et de semer la confusion ». Il rappelle à cet effet, que toute communication officielle concernant l’émission de la nouvelle gamme de pièces sera exclusivement relayée par les canaux institutionnels de la banque centrale.
L’introduction de nouvelles pièces de monnaie sur le marché de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) est prévue pour début avril 2025. Celle-ci répond à la problématique récurrente du manque de menue monnaie dans la région. Ce déficit affecte les transactions quotidiennes dans les six pays membres (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad), notamment dans les commerces et les transports en commun.
Ainsi, la nouvelle gamme présentera plusieurs modifications notables, à commencer par une augmentation de la taille des pièces afin de les rendre plus facilement acceptables par les commerçants et les usagers. Les coupures existantes de 1, 2, 5 et 10 FCFA, souvent boudées, seront maintenues, mais agrandies, tout comme celles de 25, 50, 100 et 500 FCFA. Une nouveauté majeure réside dans l’introduction d’une pièce de 200 FCFA, inspirée de l’ancienne pièce de 50 FCFA des années 1960.
Sur le plan technique, les alliages de ces pièces seront modifiés, optant pour des matières moins nobles et inséparables. Cette transformation vise indirectement à limiter le trafic de pièces, un phénomène récurrent en Afrique centrale, notamment orchestré par des réseaux basés en Asie. Afin d’assurer une disponibilité optimale, la Banque centrale prévoit une émission massive de ces nouvelles pièces et mettra en place un dispositif contraignant pour inciter les banques commerciales à les distribuer en quantité suffisante. En effet, la raréfaction actuelle des pièces sur le marché est partiellement due à la réticence des banques et des grandes surfaces à les manipuler, ces dernières les jugeant encombrantes et difficiles à stocker.
La BEAC rassure que les anciennes pièces resteront en circulation et conserveront leur cours légal. Contrairement aux billets de banque, leur retrait progressif ne se fera pas par démonétisation, mais par un renouvellement graduel au fil des transactions.
Arthur Wandji/Ecomatin

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