La Centrafrique, pays enclavé veut briser cette barrière géographique, en misant sur une transformation digitale. Cependant, le pays affute ses armes pour faire face à une révolution numérique. C’est ainsi qu’un atelier national sur l’économie numérique à lieu du 24 au 25 aout 2022 à Bangui.

Après avoir promulgué il y a 4 mois la loi sur la cryptomonnaie et le lancement de la monnaie numérique Sango Coin, le Président de la République Faustin Archange Touadera a ouvert mercredi 24 aout le deuxième Atelier National sur l’Economie numérique et la Transformation Digitale des secteurs publics et privés.

Cette rencontre nationale se tient parallèlement au Séminaire gouvernemental dont l’économie numérique occupe une place centrale dans les réflexions pour une meilleure gouvernance du pays. Ceci corrobore avec la vision de la modernisation de l’Etat, à travers une transition numérique bien réussie.

« Cet atelier, dois-je le souligner, marque un tournant décisif dans notre entrée effective dans la révolution numérique et dans la phase de mise en application des infrastructures que nous sommes en train de déployer avec l’appui constant de nos partenaires au développement, dont je salue la présence remarquée parmi nous », a déclaré le Président Touadera.

Les recommandations issues de cet atelier doivent permettre de jeter les bases du développement durable au moyen de la bonne gouvernance pour lequel le Gouvernement se bat sans relâche. « Je suis plus que convaincu que cet Atelier va permettre d’introduire facilement dans tous les secteurs d’activités, des applications telles que la gouvernance électronique (e-gouv), l’administration électronique (e-administration), le commerce électronique (e-commerce), l’éducation en ligne (e-éducation), la santé (e-santé) ainsi que le dispositif structurel et le mécanisme de gestion harmonisée de l’ensemble de ces applications », a espéré le président de la République.

La transformation numérique passe par l’amélioration de la connectivité numérique

Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), la RCA est l’un des pays les moins connectés du continent africain, avec un taux de pénétration d’Internet de 10% alors qu’il est de 27% en moyenne en Afrique.

Le taux de pénétration mobile est de 36% en RCA, alors qu’il est de 78% en Afrique et le taux de couverture mobile du pays est de 55%.

« Nous sommes heureux que le Projet CAB, financé par la BAD et l’UE, couvrira à terme 20% du territoire national en infrastructure en fibre optique. La transformation numérique commence donc par l’amélioration de la connectivité numérique, et la RCA a grand besoin d’investissements importants en matière de connectivité. Sans une infrastructure numérique solide à travers le pays, la fourniture des services publics numériques et l’inclusion numérique n’auront pas d’impact réel », a pour sa part fait observer le représentant résident de la Banque mondiale, Guido Rurangwa dans son allocution.

En effet, la création annoncée de la future Agence Centrafricaine du Développement du Digital (AC2D) sera un jalon capital de l’écosystème numérique. Dans les années à venir, la Banque s’engage à apporter son appui à ce secteur clé pour le développement de la RCA, aux côtés du Gouvernement et de ses partenaires.

Déjà, l’engagement de la Banque mondiale dans le secteur des télécommunications en RCA a commencé il y a près de 10 ans, à travers des études analytiques, notamment l’étude diagnostique du développement de l’économie numérique, (étude) achevée il y a deux ans. Cet engagement se poursuit aujourd’hui avec le « Projet de Gouvernance numérique du secteur public », un projet approuvé par le Conseil d’Administration de la Banque mondiale en mai de cette année, pour un montant de 35 millions de dollars.

Pour atteindre les ambitieux objectifs qui consistent à franchir cette transition numérique et amorcer une révolution dans ce secteur, le président Touadera a souligné qu’un accent doit être mis sur le rôle des médias en vue de la réduction des taux d’analphabétisme et de déperdition scolaire ainsi que la moralisation de la jeunesse sur l’usage des outils numériques.

Fridolin Ngoulou