La République centrafricaine, pays enclavé au cœur de l’Afrique centrale, fait face depuis plusieurs années à des aléas climatiques de plus en plus extrêmes. Sécheresses prolongées, pluies torrentielles et inondations récurrentes fragilisent les communautés et menacent les secteurs vitaux tels que l’agriculture, l’eau, la santé et la foresterie. En 2019, les inondations les plus graves depuis une décennie ont déplacé plus de 20 000 personnes, illustrant la vulnérabilité du pays face aux dérèglements climatiques.

Les projections scientifiques indiquent qu’à l’horizon 2050, la RCA connaîtra une hausse des températures comprise entre +1,31 °C et +2,11 °C, accompagnée d’une tendance à l’augmentation des précipitations annuelles. Ces évolutions accentueront les pressions sur les écosystèmes et les infrastructures, rendant indispensable une action coordonnée et soutenue.

Signataire de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) depuis 1992 et de l’Accord de Paris en 2016, la RCA a réaffirmé son engagement en soumettant en janvier 2022 sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN) actualisée. Celle-ci fixe des objectifs ambitieux : une réduction inconditionnelle des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 11,82 % et une réduction conditionnelle de 24,28 % d’ici 2030, par rapport à un scénario de statu quo.

Ces engagements couvrent des secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture, la foresterie, l’eau et l’assainissement, le logement et les infrastructures, ainsi que la santé. Toutefois, la mobilisation des financements climatiques demeure un défi majeur. Depuis 2016, seules quatre enveloppes de préparation ont été approuvées par le Fonds Vert pour le Climat (FVC), et aucune proposition nationale complète n’a encore été validée.

Le soutien du PNUD et du Fonds Vert pour le Climat :

Pour pallier ces difficultés, la RCA a obtenu, grâce au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), un financement du FVC d’un montant de 999 545 USD. Ce financement vise à renforcer les capacités techniques et organisationnelles de l’Autorité Nationale Désignée (AND), améliorer les cadres stratégiques, développer un portefeuille de projets et instaurer un cadre de partage des connaissances.

C’est dans ce contexte que le PNUD, en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, organise des sessions de formation destinées à l’AND, à la société civile, au secteur privé et aux parlementaires. L’objectif est clair : permettre une meilleure appropriation des mécanismes de financement du FVC et une participation effective à la mise en œuvre des actions climatiques nationales.

Représentant la représentante résidente du PNUD, Dr Gaetan Moloto, expert en développement durable, a salué l’initiative et rappelé l’engagement du PNUD à accompagner la RCA dans ses efforts.

« Le changement climatique est une réalité qui affecte profondément la République centrafricaine. Les inondations, les sécheresses et les perturbations des écosystèmes menacent non seulement l’environnement, mais aussi la stabilité socio-économique du pays. Le PNUD reste engagé aux côtés du gouvernement centrafricain pour renforcer les capacités nationales, faciliter l’accès aux financements internationaux et soutenir la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris », a-t-il déclaré.

Dr Moloto a insisté sur l’importance de créer un environnement propice aux investissements et de développer des projets solides, conformes aux exigences du FVC. « Ce financement de près d’un million de dollars doit être perçu comme une opportunité stratégique pour bâtir une résilience durable. Le PNUD continuera à apporter son expertise et son appui technique afin que la RCA puisse transformer ses vulnérabilités en opportunités de développement », a-t-il ajouté.

Prenant la parole au nom du ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Igor Tola Kogadou, coordonateur climat, a rappelé les défis auxquels le pays est confronté.

« Les effets liés au changement climatique sont de grande portée sur l’environnement, le milieu socio-économique, la gouvernance et la sécurité. Nous sommes durement touchés en République centrafricaine. Malgré l’engagement de notre pays à mettre en œuvre les accords multilatéraux sur le climat, la biodiversité et la lutte contre la désertification, nous faisons face à des défis importants dans la mobilisation du financement », a-t-il affirmé.

Il a souligné que la mobilisation des financements est la clé pour concrétiser les engagements du pays. « Grâce au soutien du PNUD, nous avons pu obtenir un financement du Fonds Vert pour le Climat afin de renforcer les capacités de l’Autorité Nationale Désignée. Ce projet s’aligne sur les objectifs du développement durable et sur la vision du Plan National de Développement, qui est de bâtir un pays prospère, disposant de capital humain de qualité et d’infrastructures résilientes et durables. Je remercie le PNUD pour son appui constant et l’ensemble des bénéficiaires pour leur disponibilité à prendre part à cet atelier », a-t-il poursuivi.

Cet atelier marque une étape importante dans la stratégie nationale de lutte contre le changement climatique. En renforçant les compétences des acteurs centrafricains, la RCA se dote des outils nécessaires pour accéder aux financements internationaux et mettre en œuvre des projets ambitieux. Dieu Beni Anderson Kabou