Edmond Béina, principal accusé poursuivi par la Cour pénale spéciale (CPS) dans le cadre du procès de Guen, a été entendu ce mardi 2 juin 2026. Il est poursuivi pour des faits présumés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis dans la sous-préfecture de Gadzi et ses environs, notamment à Djomo, entre le 1er février et les 5 et 6 mars 2014.
Conformément à la procédure, la Cour a d’abord procédé à la vérification de son identité avant de lui présenter les charges retenues contre lui. Les juges lui ont ensuite demandé s’il comprenait les faits qui lui sont reprochés et s’il les reconnaissait. Edmond Béina a rejeté en bloc l’ensemble des accusations et s’est déclaré non coupable.
Marié à deux femmes et père de douze enfants, l’accusé a également été interrogé sur les circonstances de son arrestation. Il a expliqué avoir été interpellé alors qu’il vendait des articles dans son petit commerce à Tedoua. Selon son récit, des policiers auraient tiré en l’air avant de procéder à son arrestation.
Revenant sur son séjour à Guen, précisément à Tedoua, Edmond Béina a affirmé qu’il ne s’y était pas rendu pour prendre part aux combats, mais pour récupérer son enfant après le décès de son épouse. Il a déclaré avoir été arrêté par des éléments de la Séléka qui lui auraient réclamé de l’argent, avant de le tabasser et de le blesser grièvement.
Selon lui, il n’avait pas encore intégré un groupe armé à cette période. Il a indiqué qu’à son arrivée à Ngbaïna, on lui avait expliqué que les combattants avaient déjà quitté la ville.
Une déclaration contradictoire avec celle qu’il aurait faite devant les juges d’instruction, selon laquelle il aurait rejoint les Anti-Balaka après le décès de plusieurs de ses proches. « Ce n’est pas ma déclaration », a-t-il répondu.
Son audition est intervenue après celle de l’accusé Dieudonné Gomitoua. Les questions adressées à ce dernier ont principalement porté sur ses liens présumés avec le groupe d’autodéfense Anti-Balaka et sur l’influence qu’il aurait exercée au sein de ce mouvement.
La Cour a notamment évoqué des témoignages selon lesquels une base Anti-Balaka aurait été installée à son domicile. Une affirmation rejetée par l’accusé, qui a soutenu que les Anti-Balaka n’avaient jamais occupé sa résidence.
Dieudonné Gomitoua a également nié avoir hébergé des combattants Anti-Balaka ou leur avoir fourni des munitions et des vivres.
Suspendue à l’issue de cette audience, l’audition des accusés reprendra le jeudi 4 juin 2026.
Déus Gracias Tchémanguéré

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