Dans un communiqué publié jeudi dernier, l’ONG Amnesty International a alerté sur le risque de fermeture de la Cour pénale spéciale (CPS), faute de financement. Face aux inquiétudes suscitées par cette alerte, le gouvernement assure qu’il travaille à la recherche de solutions alternatives. De son côté, la MINUSCA indique également multiplier les plaidoyers en faveur de la CPS.
Du côté du gouvernement, la réaction est venue de son porte-parole, Maxime Balalou. Lors de sa conférence de presse du lundi 16 février, le ministre de la Communication a indiqué que « cette question est importante et le gouvernement travaille pour trouver des solutions alternatives, notamment en mobilisant d’autres sources de financement en dehors des États-Unis. Il y a déjà des négociations auprès de l’Union européenne. Il y a un plaidoyer du président de la République au niveau de l’Union européenne. Tout un travail est en cours pour trouver un palliatif permettant à cette Cour de poursuivre son travail. La lutte contre l’impunité est, pour le gouvernement, l’une des conditions indispensables au rétablissement de la paix dans notre pays. À ce niveau-là, nous sommes conscients de cette difficulté, mais un travail est en cours. Vous serez informés de la suite à travers la mobilisation d’autres ressources en dehors des États-Unis. »
Du côté de la MINUSCA, l’on indique également multiplier les plaidoyers en faveur de la CPS. Florence Marchal, porte-parole de la mission, explique : « La question du financement de la Cour pénale spéciale est bien réelle, notamment après la fin du soutien financier des États-Unis en mai 2025, mais aussi dans le contexte de crise de liquidités que traversent les Nations Unies et la MINUSCA. Grâce aux contributions combinées de la MINUSCA et de l’Union européenne, le financement de la Cour est garanti jusqu’au 30 juin 2026. Au-delà de cette date, il faudra trouver de nouveaux financements. La MINUSCA poursuit son plaidoyer afin d’obtenir des soutiens financiers supplémentaires. Quelques États ont déjà exprimé leur volonté de contribuer. Nous sommes tous mobilisés pour trouver une solution, car l’objectif est d’éviter tout risque de discontinuité dans les opérations. »
Selon Amnesty International, si rien n’est fait, la CPS risque de stopper ses activités d’ici juin 2026. Pour éviter une fermeture aux conséquences graves, il est urgent d’apporter un soutien financier à la Cour pénale spéciale. Cela permettrait d’éviter que des milliers de victimes et de survivantes, qui espèrent obtenir justice pour les crimes graves commis au cours de deux décennies de conflit, ne soient privés de recours.
Déus Gracias Tchémanguéré

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