Le capital humain un aspect qui préoccupe beaucoup la Banque Mondiale, c’est ainsi qu’elle a organisé ce jour 02 février 2024 à son siège un café de presse afin de situer les professionnels des médias sur ce sujet. Cet échange a été présidé par le Représentant résident de la Banque mondiale en Centrafrique Guido Rurangwa, assisté par le chargé du Projet Capital humain (Maïngo) Danhossou Athanase, du chargé du projet PUSEB/ PAPSE2 Boubakar Lompo, du chargé du SENI Plus Innocent Nukuri.

La République centrafricaine (RCA) traverse une période de conflits récurrents, à laquelle s’ajoute l’instabilité politique, doublée d’une extrême pauvreté sur le plan économique. Les systèmes de services sociaux sont inexistants sur l’étendue du pays, et la plupart des communautés n’ont même pas accès aux services sociaux de base. Les niveaux élevés de pauvreté, les années de conflit et le manque de services essentiels se sont traduits par un faible rendement du capital humain et d’énormes besoins dans tout le pays.

L’indice du capital humain de 0,29 pour la RCA en 2020 est le plus faible du monde, un enfant né en RCA aujourd’hui n’atteindra que 29% de son potentiel de productivité qu’il aurait pu atteindre à l’âge adulte s’il avait bénéficié d’une éducation complète et d’une couverture médicale complète. L’autonomisation des femmes et des filles, qui est au cœur de la formation du capital humain du pays, a permis d’augmenter la probabilité de survie des enfants jusqu’à l’âge de cinq ans à travers la capacité de la mère à faire des choix éclairés et à prendre des mesures significatives qui auront un impact direct sur la santé et le bien-être de ses enfants.

En retardant l’âge des premières grossesses, l’autonomisation des femmes et des filles améliore la santé maternelle, favorise la croissance saine des enfants, augmente le nombre d’années d’école attendues en réduisant les inégalités entre les genres dans l’enseignement primaire et secondaire. L’autonomie des femmes et des filles contribue à l’augmentation du taux de survie des adultes en RCA en permettant aux femmes de pratiquer l’espacement des naissances sécurisé et contribue également au redressement économique du pays après des années de conflit en ayant recours aux femmes, ressource largement inexploitée, pour augmenter la main-d’oeuvre, la production nationale et la productivité. 

Selon Guido Rurangwa représentant de la Banque Mondiale en RCA, pour améliorer l’indice du capital humain, des progrès sont nécessaires dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. C’est ce que le Gouvernement centrafricain essaye de faire, en investissant dans les systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale, avec l’accompagnement des bailleurs de fonds, dont la Banque mondiale. Le financement de la Banque mondiale dans ces trois secteurs se chiffre à $255 millions d’engagement, dont environ $100 millions ne sont pas encore décaissés, pour 7 projets: PUSEB et PAPSE II (éducation), SENI Plus, REDISSE 4 et COVID-19 (santé), PACAD (filets sociaux) et le projet d’autonomisation des femmes et des filles (MAINGO), un projet multisectoriel.

Guido Rurangwa nous en dit plus : «Je voudrais noter que les conflits et les crises qui ont eu lieu au cours des deux dernières décennies ont gravement endommagé les systèmes d’éducation et de santé de la RCA. Pour développer le capital humain du pays et le traduire en croissance économique, un plan cohérent et global est nécessaire, et la Banque Mondiale est prête à apporter son concours ».

Notons que, la Banque Mondiale a soutenu le développement du capital humain sur le projet d’appui au plan sectoriel de l’éducation qui est de 31 millions de dollars, le projet de renforcement des services et des systèmes de santé (Seni plus) à 70 millions de dollars, projet de préparation et de riposte au COVID 19 en RCA à 33 millions de dollars, le projet capital humain et autonomisation des femmes et des filles (Maïngo) à 50 millions de dollars, le projet de réponse aux crises alimentaires d’urgence à 50 millions de dollars et inversement et compétitivité des entreprises pour l’emploi à 30 millions de dollars.

Dorcas Bangui Yabanga