Ce dimanche 30 juillet, jour des élections référendaires fixé pour départager les partisans du OUI ou du NON, Oubangui Médias a fait un tour des centres et bureaux de vote pour informer sur la situation. C’est l’objet de notre présence au lycée Marie Jeanne Caron situé dans le premier arrondissement de Bangui.
À 6h00, les deux bureaux de vote dudit centre sont déjà ouverts pour accueillir les centrafricains qui viennent remplir leurs devoirs civiques. Dans le calme et l’anxiété qui gagnent les esprits ce jour à Bangui, l’on voit des gens venir peu à peu avec l’assurance des mesures sécuritaires exprimer leur désir vis-à-vis de la nouvelle constitution via ce referendum.
A ce bureau de vote, l’on remarque à visu la présence des forces de défense et de sécurité qui sillonnent la cour assurant la sécurité des électeurs et celui des observateurs, ajouté à la présence des volontaires de la Croix-Rouge pour pallier à toutes éventualités nécessitant leurs apports. Les électeurs dudit bureau refusent de partager leurs impressions à la presse.
Non loin de là se trouve le centre du lycée technique qui dispose d’au moins 3 bureaux de vote, l’on remarque une grande participation des porteurs de tenue notamment ceux de la gendarmerie nationale. Difficile de collaborer avec le président dudit centre pour plus de détails. Il faut également préciser que tous les dispositifs médicaux et sécuritaires sont en place pour la bonne marche de ces échéances.
Notre tournée d’information nous amène à l’école Lakouanga dans le 2e arrondissement de Bangui. Là encore, il n’y a pas assez d’électeurs. Les gens viennent les uns après les autres très lentement pour le vote référendaire. Pas de bousculade ! Les quelques électeurs viennent remplir leur devoir dans une sérénité totale.
Bingui est l’un des électeurs. Il est content de voter dans la quiétude et invite ses compatriotes à faire comme lui: « Le vote fait partie des droits du citoyen. Il nous est demandé de venir faire notre devoir en votant pour le OUI ou pour le NON et pour cela, nous ne devons pas avoir peur. Que personne ne nous trompe! J’invite alors tous les compatriotes à venir massivement voter », lance ce dernier.
Cependant, l’hôtel de ville de Bangui est réservé au vote des militaires de toute catégorie confondue. L’on remarque une participation massive des gendarmes, policiers et FACA au vote référendaire au niveau de la mairie qui dispose deux bureaux de vote. À cette heure de la matinée, c’est le seul centre qui enregistre la plus grande participation que nous avons constaté depuis notre tournée. Tous les dispositifs sont en place et l’engouement se fait ressentir. La participation du Directeur Général de la police au vote est un élément motivateur des autres corps qui le suivent.
Entre-temps, il faut préciser que lors de notre passage dans chacun de ces centres, il y a un problème de vote par dérogation qui semble être similaire à tous les centres de vote. C’est le même problème chez ces porteurs de tenue dont la plupart a un souci de vote par dérogation. C’est suite à une petite intervention que les choses sont redevenues dans l’ordre.
A l’école Saint Jean que nous sommes rendues vers 13h, la participation est moyenne. Et il y a une forte participation féminine contrairement aux autres centres précédemment visités.
Lorentine sort du bureau de vote avec un large sourire. Elle accepte de se confier à Oubangui Médias en ces termes : « J’accepte de venir voter parce que je ne suis pas prête pour un autre conflit dans notre pays. Nous en avons beaucoup souffert par le passé et ne voulons pas revivre le chaos que nous avions vecu entre 2013-2015 ».
Un peu plus loin à l’école maternelle de Yapélé en face de la paroisse Saint François d’Assise, un papa sort de son bureau de vote visage froissé. Un pas, deux pas, Oubangui Médias lui tend son micro. Mais c’est une colère sainte. « Depuis ma jeunesse, je ne fait que voter. Je n’ai pas compris pourquoi ils (NDL les opposants) nous demandent de rester à la maison. Non le vote est un droit. Chacun doit l’exprimer dans les urnes. C’est à cause de leurs positions que je suis venue après la messe voter ».
Francis donne un autre argument. « Ce vote n’était pas la priorité pour le peuple. C’est vrai car nous avons beaucoup de difficultés. J’ai voté parce qu’il est dit dans la loi que toutes nos richesses vont nous appartenir. C’est-à-dire, le sol, le sous-sol, l’espace aérien, aquatique…Pendant longtemps, nous n’avions pas cette souveraineté sur nos propres richesses. Ceux qui ont choisi de boycotter, c’est leur droit mais cela nous permet de connaitre qui est qui dans ce pays ».
« Je n’ai pas voté parce que cela ne m’intéresse pas. C’est un document bâclé, fait dans la précipitation par ceux qu’on ne connait pas. Je préfère rester chez moi », a dit Rodrigue, juste à côté de l’école Saint-Jean de Bruxelles avant de souhaiter bonne chance au président Touadéra qui « va rester longtemps au pouvoir ».
Au centre de la Socatel où nous nous sommes posées pour une chute, il y a une faible participation dans les 3 bureaux de vote vers 14 heures.
De manière générale, la participation à ces échéances électorales n’est pas aussi dense mais l’on peut affirmer que le vote est fait dans le calme sans aucun incident majeur.
Belvia Espérance Refeïbona

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