Le vin de palme, communément appelé « Kangoya », demeure la boisson traditionnelle préférée de nombreux Centrafricains. Naturel et non transformé, il est souvent perçu comme une alternative plus saine aux bières importées et aux liqueurs industrielles, dont la consommation excessive est régulièrement critiquée pour ses effets néfastes sur la santé. Pour mieux comprendre l’attachement des habitants à ce breuvage, Oubangui Médias s’est intéressé au sujet. 

Nous sommes au quartier Gobongo, situé dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui, à la sortie nord de la capitale. Sous l’ombre généreuse des manguiers, de petits groupes de jeunes se rassemblent, chacun tenant son bidon de vin de palme. La musique résonne, les conversations fusent, et l’ambiance est résolument conviviale. 

Parmi eux, Paulin, consommateur régulier de cette boisson traditionnelle, témoigne : « J’apprécie beaucoup le vin de palme, communément appelé Kangoya. Avant tout, parce qu’il s’agit d’une boisson naturelle, issue d’ingrédients purement biologiques, qui ne subit aucun procédé industriel ni transformation mécanique. Contrairement à certaines bières fabriquées localement ou importées, dont les conditions de production laissent parfois à désirer. » 

Le vin de palme, source de revenus :

Un peu plus loin, au quartier Bar-Casier, nous rencontrons Paterne, étudiant en vacances, reconverti temporairement en vendeur de vin de palme pour subvenir à ses besoins.  « C’est une activité que je pratique depuis longtemps. Déjà au lycée, je vendais le Kangoya afin de payer ma scolarité, assurer mes frais de transport et m’acheter des vêtements. Aujourd’hui encore, cela m’aide à financer mes études. Je m’approvisionne du côté de Bangui-Bouchia à 2 500 francs CFA le bidon, que je revends ensuite à 5 000 francs CFA. Je fais aussi de la vente au détail, car les clients viennent régulièrement s’en procurer. Le vin de palme que je propose est de bonne qualité et entièrement naturel. Je ne le mélange pas avec de l’eau, c’est du 100 % bio, je vous assure. » Explique-t-il. 

Le Kangoya apparaît ainsi comme une véritable économie parallèle, permettant à de nombreux jeunes de générer des revenus dans un contexte où les opportunités d’emploi restent limitées.

En République centrafricaine, le Kangoya est bien plus qu’une boisson : il est un marqueur culturel et identitaire. Dans les quartiers populaires de Bangui, il accompagne les moments de détente, les retrouvailles entre amis et parfois même les cérémonies traditionnelles.                          Arnold Ange Finmini