La République centrafricaine a récemment accueilli une mission de promotion des droits de l’homme menée par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, du 19 au 23 avril 2026. À l’issue de cette visite, l’Honorable Commissaire Idrissa Sow, Président de la Commission et du Groupe de travail sur la peine de mort, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées en Afrique, a dressé un bilan encourageant, tout en soulignant les défis persistants.

Selon lui, la mission s’est déroulée dans un climat de transparence et de coopération. « Nous avons pu constater des progrès significatifs. Aujourd’hui, en République centrafricaine, il est possible d’évoquer des questions de droits de l’homme sans entrave », a-t-il affirmé.

Parmi les avancées, Idrissa Sow a salué l’abolition de la peine de mort en 2020, considérée comme une étape majeure vers la protection du droit à la vie. Il a également mis en avant l’adoption d’une loi visant à protéger les défenseurs des droits de l’homme, bien que celle-ci n’ait pas encore été promulguée en raison de réserves soulevées par la juridiction constitutionnelle. Le gouvernement a toutefois assuré qu’il œuvrerait à surmonter ces obstacles.

La mise en place d’institutions nationales, telles que la Commission nationale des droits de l’homme et la Commission vérité, réconciliation et réparation, a également été saluée. Ces organes, selon le Commissaire, traduisent une volonté de renforcer la protection des citoyens et de promouvoir une justice adaptée aux réalités africaines. De plus, il a noté avec satisfaction la participation croissante des femmes aux processus électoraux, tant en qualité d’électrices que de candidates.

Cependant, des défis subsistent. La surpopulation carcérale et le recours excessif à la détention préventive figurent parmi les préoccupations majeures. Idrissa Sow a encouragé les autorités à mettre en œuvre des peines alternatives afin de désengorger les prisons. Sur le plan sécuritaire, il a rappelé la responsabilité de l’État de protéger les civils face aux attaques dans certaines régions, tout en saluant les efforts entrepris pour neutraliser les groupes armés.

Enfin, le Commissaire a insisté sur la nécessité pour la République centrafricaine de ratifier certains instruments juridiques internationaux, tels que le protocole créant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. « Sans cette ratification, aucun citoyen centrafricain ne peut saisir cette juridiction », a-t-il averti, plaidant également pour l’adoption des protocoles relatifs aux droits des personnes âgées et des personnes handicapées.

En conclusion, Idrissa Sow a reconnu « une volonté ferme du gouvernement d’aller dans le sens de l’amélioration de la situation générale des droits de l’homme », tout en appelant à transformer ces engagements en actions concrètes. Cette mission marque ainsi une étape importante dans le dialogue entre la République centrafricaine et les instances africaines de protection des droits humains, ouvrant la voie à des réformes durables.

Dieu Béni Anderson Kabou