Dans le cadre d’une mission d’appui à la mise en œuvre du projet I-COMPETE, une table ronde a été organisée le vendredi 28 avril 2026. L’objectif était de présenter les réformes en cours et de démontrer que le projet dispose désormais d’une dynamique plus structurée, avec un Dialogue Public-Privé qui se consolide progressivement. Les échanges ont également permis de mettre en avant les effets attendus des réformes sur la formalisation des entreprises, l’investissement, les services aux entreprises, l’accès au financement et la transformation des secteurs prioritaires.

Cette activité s’inscrit dans la composante 1 du projet, intitulée « Amélioration de l’environnement des affaires », sous la forme d’une table ronde consacrée aux réformes économiques, au Dialogue Public-Privé et aux perspectives de montée en échelle du projet. Elle intervient dans un contexte marqué par l’accélération de la mise en œuvre du projet et la préparation d’une nouvelle phase de développement.

Au cours des discussions, les participants ont dressé un état des lieux du climat des affaires, du dispositif de Dialogue Public-Privé et des enjeux liés à l’inclusion économique. L’objectif était d’identifier les réformes prioritaires ainsi que les axes d’intervention à intégrer dans l’extension du projet I-COMPETE, notamment dans la perspective d’un financement additionnel.

Dans son allocution, le coordonnateur par intérim du projet I-COMPETE, Yannis Stéphane Koyangbanda, a indiqué que cette table ronde intervient à un moment charnière de la mise en œuvre du projet. Selon lui, il s’agit d’une phase d’accélération et de clarification des résultats obtenus.

Pour lui, cette rencontre doit permettre d’établir un diagnostic précis du climat des affaires à partir de données concrètes, d’identifier les principaux obstacles, de mesurer les résultats obtenus, notamment en matière de création d’entreprises, et d’orienter les priorités de la prochaine phase du projet.

Le climat des affaires en République centrafricaine a également été au centre des échanges. Selon Faustin Archange Koyasse, bien qu’il constitue le thermomètre de l’attractivité économique d’un pays, l’investissement privé en Centrafrique demeure encore faible.

Il a souligné que la question du climat des affaires renvoie notamment à l’opérationnalisation du cadre juridique et institutionnel. Or, les coûts, les procédures et les délais administratifs restent souvent un véritable parcours du combattant pour les investisseurs.

Toutefois, un cadre avait été mis en place dès les années 2000 avec la création du Cadre permanent mixte de concertation et d’amélioration des affaires. Des lois relatives au cadre juridique des partenariats public-privé (PPP) ont également été adoptées. Cependant, ces textes n’ont pas toujours été accompagnés de mesures d’application adéquates.

« Ce mécanisme souffre d’un déficit de textes d’application et de vulgarisation », a expliqué Faustin Archange Koyasse, plaidant pour un diagnostic approfondi du dispositif juridique existant.

Le gouvernement entend également travailler sur l’opérationnalisation du Fonds national de garantie, présenté comme une forme d’assurance destinée aux PME. Parmi les priorités figurent aussi la digitalisation des services fiscaux, douaniers et du Guichet unique de formalisation des entreprises (GUFE). Actuellement, les PME n’accèdent qu’à environ 30 % du crédit bancaire.

Les participants ont également relevé plusieurs défis majeurs affectant le climat des affaires, notamment le déficit énergétique. Le renforcement du Dialogue Public-Privé a ainsi été présenté comme un levier stratégique pour accompagner les réformes économiques.

Une seconde thématique consacrée à l’accès au financement des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) ainsi qu’au Fonds national de garantie et d’investissement (FNGI) a également été développée au cours de la journée. Cette session visait à instaurer un dialogue stratégique entre le FNGI, l’Association professionnelle des établissements de crédit (APEC), le gouvernement, la Banque mondiale et le secteur privé.

Plusieurs participants ont souhaité une meilleure prise en compte du secteur informel dans les dispositifs de microfinance. L’Association professionnelle des établissements de crédit de Centrafrique (APECCA) a salué le processus engagé ainsi que l’accompagnement annoncé par la Banque mondiale.

De leur côté, les établissements de crédit se sont dits disposés à s’adapter à cette initiative. Selon leurs représentants, les mécanismes de garantie permettront de réduire les risques et d’améliorer l’accompagnement des entreprises, notamment des acteurs de la microfinance.

Certains participants ont toutefois exprimé des inquiétudes concernant les conditions d’accès au fonds et le manque de vulgarisation auprès des bénéficiaires potentiels. Ils souhaitent la mise en place d’un mécanisme spécifique prenant en compte les entreprises évoluant dans l’informel.

D’autres intervenants ont évoqué certaines limites structurelles liées au respect des normes de la COBAC. Selon eux, le fonds de garantie constitue une réponse directe aux difficultés d’accès au financement. Les partenaires ont rappelé que ce mécanisme ne peut être efficace sans accompagnement, suivi et intégration dans un dispositif plus large de soutien aux entreprises.

Ces deux tables rondes ont ainsi permis de faire émerger plusieurs priorités pour la prochaine phase du projet I-COMPETE, notamment en matière de formalisation, de création d’entreprises, d’accompagnement des MPME, de développement des zones économiques spéciales (ZES), de structuration des chaînes de valeur, d’inclusion économique et de renforcement du Dialogue Public-Privé comme mécanisme opérationnel de suivi des réformes.

Financé par la Banque mondiale, le Projet d’investissement, de compétitivité des entreprises et de l’emploi (I-COMPETE) vise à améliorer l’environnement des affaires, renforcer l’accès au financement, soutenir le développement des petites et moyennes entreprises, promouvoir l’employabilité et contribuer à la création d’emplois en République centrafricaine.

Déus Gracias Tchémanguéré