Depuis quelques temps, la problématique de renouvellement de la classe politique centrafricaine ne cesse de faire échos tant au niveau national qu’international. Indépendants, chefs de partis politiques ou militants des mouvances, l’avenir politique de la RCA se dessine déjà à travers quelques jeunes acteurs.

Me Crépin Mboli-Goumba : Il est le président fondateur du Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE). Candidat à la prochaine présidentielle, l’homme est quelque peu considéré comme la figure politique de la jeunesse centrafricaine. Fort de son statut d’avocat d’affaires, d’entrepreneur et promoteur d’un établissement hôtelier, il fut président de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains (ANECA) et une des figures emblématiques de la lutte syndicale sous le régime de feu Ange Félix Patassé. Ministre d’Etat aux travaux publics et porte-parole du gouvernement de Tiangaye en 2013, il s’est fait connaitre du public de Bangui comme un homme pragmatique en bitumant sur fonds propres de l’Etat et dans les moments difficiles, quelques avenues. Me Crépin Mboli-Goumba se démarque à travers son éloquence et la pertinence de sa vision politique.

Henri Marie Dondra (HMD) : Cet ancien de la FAGACE fait partie des « espoirs » de la République. Ancien membre de la mouvance jeunesse du RDC, HMD a eu une longue carrière au sein des institutions bancaires internationales. De retour au pays, son espoir de prendre la tête du RDC sera vite brisé à cause du choix clanique de Désiré Nzanga Kolingba qui continue de faire payer au parti. Déçu, Dondra tentera des scénarios avec la Mouvance HMD en 2016 avant de devenir un des soutiens de Touadéra. Actuellement ministre des finances et cadre du MCU, les ambitions de HMD dépassent le seul cadre d’accompagnateur. Avec la fondation HMD, l’homme réalise plusieurs actions caritatives qui le font imposer dans la « Cour des grands ».

Jean-Serge Bokassa : Il est le coordonnateur du Mouvement Kodro Ti Mo Kozo Si (MKMS). Fils de l’empereur Jean-Bedel Bokassa, il bénéficie de la popularité de son défunt père considéré par plus d’un comme le « bâtisseur » de la RCA. L’homme a occupé plusieurs fonctions ministérielles en commençant par le ministère de la jeunesse et des sports sous le régime de Bozizé. Il s’était présenté à la présidentielle 2016 et a été ministre de l’intérieur après avoir rejoint la majorité présidentielle. Très populaire dans son bastion de la Lobaye, l’homme se mue depuis son retour de France dans une « GRANDE DISCRETION ». L’avenir politique de JSB suscite en ce moment beaucoup de supputations.

Charles Armel Doubane : C’est le jeune politique centrafricain qui a plus d’expérience au sein des institutions politiques et diplomatiques. Doubane qui était nommé ministre à 28 ans sous le régime de feu Ange Félix Patassé s’est démarqué par ses prises de positions discrètes et tranchées vis-à-vis du régime de l’époque. L’affectueux CAD s’était aussi présenté lors de la présidentielle 2016. Allié à la majorité présidentielle, il a été nommé ministre des affaires étrangères sous le gouvernement SARANDJI I avant d’être contraint à la démission. Après le divorce avec le régime de 30 Mars 2016, Doubane préfère agir en tant que personnalité indépendante. S’il ne fait pas partie de l’opposition démocratique, l’homme ne prend pas de gant avec le pouvoir de Bangui et fait partie des forces vives de la Nation qui appellent depuis à la concertation nationale.

Christian Guenebem : Il est actuellement Secrétaire Général Adjoint et Directeur National de Campagne du KNK pour les prochaines élections. Christian Guenebem Dedizoum a aussi un parcours syndical pour avoir été Président du Conseil National de la Jeunesse Centrafricaine (CNJCA). Considéré aujourd’hui comme la « voix autorisée » du KNK de François Bozizé, le jeune est très plébiscité par le public pour la pertinence de ses prises de position et sa capacité de mobilisation de la foule. Pour certains analystes, Guenebem fera une bonne carrière politique pour être aux pieds de son mentor qui a une longue expérience de la gouvernance étatique. Bref, pour le milieu diplomatique, il représente « l’aile modérée » de son parti.

Dominique Désiré Erenon : Le jeune constitutionnaliste centrafricain, ancien proche de Martin Ziguele est dans ses primaires dans la vie politique. Ancien chargé de mission en matière des affaires juridiques à l’assemblée nationale sous Meckassoua, Erenon a été nommé Directeur de cabinet à la primature avant d’être contraint à la démission. Après quelques temps consacrés à sa carrière universitaire, l’homme est nommé à quelques mois des élections en Centrafrique, Directeur National Adjoint de Campagne de la Mouvance Catherine Samba-Panza. Un coup dur bien sûr pour son oncle et mentor Martin Ziguele. Pour beaucoup, Docteur Erenon a perdu sa chance d’assurer le leadership du MLPC à cause de sa mutation. Cependant, avec ses bagages universitaires et son mini-parcours politique, tout peut lui sourire…

Christian Gazam Betty : Le trentenaire est le fils héritier du défunt ministre et diplomate Christophe Gazam Betty. « Gaz » pour ses intimes, cet expert en communication digitale aspirait à la politique depuis son jeune âge alors que son défunt père était encore dans les missions diplomatiques. Mais, longtemps entrepreneur et membre du corps diplomatique, c’est son beau-père Anicet Georges Dologuele qui lui ouvrira sa première fenêtre politique en le nommant conseiller en communication stratégique du cabinet AGD. Une fonction que le jeune assure depuis un an avec abnégation. Si Gazam Betty s’est très vite lancé sur la scène politique, c’est bien à cause des réformes qu’il a su apporter dans la cellule de communication du parti URCA. Gazam Betty a la chance d’être aussi aux côtés d’un « GRAND HOMME D’ETAT ».

Fari Taheruka Shabazz : Le jeune Docteur en Sciences politiques est à présent porte-parole du « Chemin de l’Espérance » créé par Abdou Karim Meckassoua. Ce fervent opposant à Touadéra fut militant du RPR (ndlr Parti fondé par l’ancien président du Conseil national de la transition Alexandre Ferdinand Nguendet) où il s’était démarqué par ses prises de position tranchantes dans les grands débats politiques. L’homme qui a été locataire de la Maison d’arrêt de Ngaragba a la chance d’avoir un parcours militaire dans le régiment héliporté de l’armée française. Ce qui lui donne une large connaissance en matière de défense et de sécurité. Considéré comme la tête pensante du parti de Meckassoua, beaucoup souhaitent voir Shabazz reprendre sa veste de politique à la place de l’activiste.

Cette brève présentation des jeunes acteurs politiques centrafricains est une avant-première « NON EXHAUSTIVE » des gros plans qui vous seront présentés très bientôt afin de vous présenter au mieux le paysage politique centrafricain.

Vianney Ingasso avec Wilson Ngassan