La Cour pénale spéciale (CPS) a réagi à la situation sécuritaire dans le Haut-Mbomou, précisément à Zemio. Lors d’un point de presse tenu le mercredi 07 janvier, le substitut du procureur spécial Alain Tolmo a indiqué que l’institution suit de près l’évolution de la situation dans cette localité de la République centrafricaine.

Conformément à son mandat de juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, la Cour pénale spéciale, par la voix d’Alain Tolmo a affirmé qu’elle envisage l’ouverture d’une enquête afin de poursuivre les auteurs, dans la mesure où des crimes internationaux seraient perpétrés.

Selon le Parquet spécial, d’après les informations en sa possession, des éléments de la milice Azandé Ani Kpigbé seraient à l’origine de ces actes ciblés, visant principalement des autorités locales, des agents de l’État, ainsi que des militaires et des gendarmes déployés dans la zone. Toujours selon le Parquet, ces actes ont semé la peur au sein de la population et provoqué d’importants déplacements de civils vers l’église catholique de la localité.

C’est dans ce contexte que la sous-préfète de Zemio, ainsi que d’autres agents de l’État, ont été pris en otage. Un agent de recensement a également été tué dans des circonstances particulièrement graves, a rapporté le substitut du procureur spécial de la CPS.

« Je tiens à préciser que la situation à Zemio et dans le Haut-Mbomou est préoccupante pour le Parquet spécial. Le Parquet spécial suit de près et surveille les allégations relatives aux graves violations du droit international pénal, du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans la localité de Zemio et ses environs. Nous surveillons cela comme du lait sur le feu », a-t-il déclaré.

Face à ces violations des droits de l’homme, la CPS annonce qu’elle envisage l’ouverture d’une enquête. « Le Parquet spécial, par ma voix, rappelle que les crimes, je dis bien les crimes notamment ceux commis contre des personnes civiles ou des représentants de l’État, lorsqu’ils relèvent du droit international pénal, entrent dans la compétence de la Cour pénale spéciale. À ce titre, le Parquet spécial se réserve le droit d’ouvrir des enquêtes afin d’identifier et d’établir les responsabilités, dans le respect de la loi et des droits de toutes les parties », a conclu Alain Tolmo.

Face à la détérioration de la situation sécuritaire dans le Haut-Mbomou, la Cour pénale spéciale réaffirme sa vigilance et sa détermination à lutter contre l’impunité.  Déus Gracias Tchémanguéré