Depuis plusieurs mois, l’initiative de la réécriture d’une nouvelle constitution défraie en Centrafrique. Cette question de la rédaction d’une nouvelle loi fondamentale continue de diviser la classe politique et les organisations de la société civile centrafricaine. Cette division autour de ce projet semble être visible au sein du parti Centrafrique Nouvelle Elan (CANE), pourtant membre de la majorité présidentielle.

Le 22 octobre 2022, Olivier Yannick Nambele, a pris la parole publiquement, à la place de la République (PK0) pour montrer l’adhésion du parti CANE au projet des réformes constitutionnelles. Ceci, à l’occasion de la marche de soutien à la réécriture d’une nouvelle constitution, organisée par Front Républicain.

Lors d’un point de presse mardi 25 octobre, le coordonnateur du parti CANE a indiqué que Olivier Yannick Nambele n’a pas reçu un mandat du bureau politique pour prendre une décision concernant le soutien du parti à l’initiative de la rédaction d’une nouvelle loi fondamentale de la RCA. Olivier Yannick Nambele explique pour sa part qu’il n’a pas  à recevoir un « mandat pour soutenir un projet qui touche la vie de la nation».

« Comme vous le constatez bien qu’exclu du parti, Olivier Yannick Nambele s’est permis sans aucun mandat du parti CANE de prendre la parole en son nom à l’occasion de la manifestation demandant la tenue d’un référendum constitutionnel le 22 octobre, et ce, en toute illégalité » a déclaré Marcelin Kongbowali, coordonnateur du parti CANE.

 « Ce qui pose problème, ce n’est pas la participation du CANE à cette manifestation puisque nous sommes un parti de la majorité. Mais c’est le fait que les organisateurs se sont fiés un monsieur qui n’a pas la qualité ni légitimité de parler au nom de ce parti, ni de le représenter. Il ne fait plus partie de « Centrafrique Nouvel Elan » et qu’il n’est plus éligible aux préoccupations qui concernent Ce parti » ajoute-t-il.

 Marcelin Kongbowali a mis en surbrillance la lettre de démission de Yannick Nambele adressée au président du parti CANE depuis 2020 et, que le bureau politique par l’entremise du président Sylvain Ngakoutou Patassé a exhumé récemment.

Olivier Yannick Nambele, fustige ces allégations qu’il qualifie de non-évènement. « Pour aller à une marche populaire on n’a pas à recevoir un mandat. Je suis membre fondateur et cadre de ce parti. Nous devons nous prononcer sur des sujets qui engagent la vie de la nation. Le président Sylvain Ngakoutou Patassé a reçu mandat de décider contre le référendum constitutionnel? Puisque le bureau politique a été dissout et nous avons mis en place un comité ad hoc qui a une durée de trois mois. Cela n’existe pas dans les dispositions statutaires du parti. A ce jour, ce comité ad hoc est caduc. Même ceux qui ont pris la parole lors du point de presse du parti ne sont pas légitimes. Ils ont dit que j’ai démissionné du parti depuis le 22 mars 2020 comment fait-il que j’ai été désigné pour porter la parole du président Sylvain Patassé en décembre 2020 par décision numéro 003/CA-NE/PR/2021 puis délégué aux affaires politiques dans le comité ad hoc par une autre décision 007/CA-NE/PR/2021 » ? s’interroge-t-il.

 « Le parti CANE n’a pas de militant. Nous n’avons que des sympathisants par ce que personne ne cotise pour la caisse du parti, même le président Sylvain Patassé. Je suis républicain, je dois soutenir le projet du référendum constitutionnel. C’est pourquoi j’ai mobilisé plus de trois cent sympathisants qui ont participé à la marche de soutien aux réformes constitutionnelles du 22 octobre 2022. Si le président Sylvain Patassé continue, je vais saisir la justice pour qu’une lumière soit faite. Pour aller à une marche populaire, c’est comme on va à l’église, on n’a pas à recevoir mandat », réplique-t-il.

Avec cette situation qui prévaut au sein du parti CANE, peut-on d’ores et déjà  parler de la division des cadres du parti. Olivier Yannick Yamblele promet prendre la parole prochainement pour dénoncer le mutisme du président Sylvain Patassé et réaffirmer l’adhésion du parti CANE au projet de la réécriture d’une nouvelle constitution.

Deux positions radicales se sont alors créées au sein de ce même parti membre de la majorité présidentielle. Le courage soit guider le Président du CANE à montrer la position de son parti. Cette crise qui n’est pas à négliger pourra faire perdre à ce parti le peu des sympathisants qu’il dispose.

Pétrus Namkoina