À l’occasion de la Journée internationale des infirmiers, célébrée chaque 12 mai à travers le monde, l’association Horizon Féminin pour la Paix et le Progrès (HFPP) a organisé ce mardi 12 Mai à Bangui une table ronde réunissant des professionnels de santé, des étudiants et jeunes engagés dans la santé communautaire.

Placée sous le thème international « Le pouvoir d’agir sauve des vies », cette rencontre visait à créer un cadre d’échanges sur les réalités du métier d’infirmier en République centrafricaine, les défis rencontrés sur le terrain ainsi que les opportunités de renforcement des capacités.

Selon Amina Bello, coordonnatrice de l’association HFPP et infirmière de formation, cette initiative répond à un besoin de valorisation d’une profession souvent peu visible malgré son rôle central dans le système de santé.

« Les infirmiers sont les premières personnes qui accueillent les patients à l’hôpital et les accompagnent jusqu’à la fin des soins. Pourtant, leur travail reste insuffisamment valorisé », a-t-elle expliqué.

Elle souligne que cette première édition a permis de réunir entre 40 et 50 infirmiers autour d’une même table afin d’échanger sur leurs difficultés quotidiennes et d’explorer des pistes d’amélioration.

Parmi les participants, Barbara Bercy Bende, infirmière pénitentiaire à la maison centrale de Ngaragba, a mis en lumière les conditions de travail difficiles dans lesquelles exercent certains agents de santé. « L’effectif des détenus dépasse largement le nombre d’infirmiers disponibles. Nous manquons de personnel et de matériel de travail pour accomplir correctement notre mission », a-t-elle regretté.

Même constat pour Hugues Noebanga, infirmier, qui estime que cette journée constitue un moment important de rappel à l’éthique professionnelle : « Cette rencontre nous permet de réfléchir à notre déontologie, d’identifier nos difficultés et de mieux collaborer pour améliorer la prise en charge des patients », a-t-il déclaré.

Au-delà des échanges, l’association HFPP entend également encourager les infirmiers à poursuivre leur formation et à saisir des opportunités de développement professionnel, tant au niveau national qu’international.

Amina Bello a par ailleurs lancé un appel au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers afin qu’ils soutiennent davantage ce type d’initiatives. « En Centrafrique, cette journée passe souvent inaperçue. Avec plus d’appui, nous pourrions mobiliser davantage d’infirmiers, y compris ceux des provinces », a-t-elle plaidé.

Créée pour promouvoir le leadership féminin, la paix, l’éducation et la santé, l’association Horizon Féminin pour la Paix et le Progrès mène régulièrement des actions de sensibilisation sur la prévention des maladies, la santé reproductive et l’accompagnement des jeunes femmes.

La célébration de cette journée a permis de rappeler le rôle indispensable des infirmiers dans le fonctionnement du système de santé centrafricain, dans un contexte marqué par des défis persistants en matière de ressources humaines et matérielles.

Milca Bissidi