Après un périple de quinze jours à l’intérieur du pays, précisément au Nord-Ouest de la République centrafricaine, en passant par Bouar, Bocaranga, Bohong, Loura, Paoua et Bedaya, le président du parti MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain) Martin Ziguélé a fait quelques constats.

Selon le leader du parti socialiste MLPC, au plan politique, cette tournée a permis de constater que les dissidents sanctionnés et exclus du Parti pour violations répétées des textes, tentent l’aventure en voulant mettre en place des organes parallèles du MLPC avec le financement du pouvoir et en s’appuyant sur l’appareil de l’administration de l’Etat.

Pour Martin Ziguélé « Or assignés par la direction légitime du MLPC devant les juridictions nationales compétentes, ces « mercenaires » et aventuriers politiques ont usé jusque-là de recours aux manœuvres dilatoires pour différer l’issue du procès fixé cette fois-ci au 14 juin 2025. »

L’homme politique centrafricain souligne également que ces agitations grossières, visent surtout à mettre le MLPC devant le fait accompli par l’investiture de « faux candidats » en son nom afin d’apporter leur soutien à Touadéra en cette année électorale pleine d’incertitudes.

Afin de faire échec à ces manœuvres, et surtout le Comité préparatoire du Conseil Politique national et du Congrès mis en place depuis 3 mois ayant achevé ses travaux, le Bureau Politique, à l’issue de sa réunion extraordinaire du 6 juin 2025 et après une analyse approfondie de la situation, a décidé de fixer la date du Conseil Politique National ordinaire au 20 octobre 2025, et celle du congrès ordinaire au 22, 23 et 24 octobre 2025.

Ce déplacement au contact des populations du Nord-Ouest de notre pays a donné l’occasion à cette formation politique de faire les constats sur différents domaines

« Si des mesures urgentes ne sont pas prises par le gouvernement pour faire face à la mauvaise gestion de la politique de transhumance mise en place avec les pays voisins, ne soyons pas surpris que dès 2026 une famine se déclare dans tout le Nord-Ouest ». A déclaré Martin Ziguélé

Pour cet homme politique, les troupeaux de bœufs qui viennent du Tchad et du Cameroun voisins sont accompagnés, pour la plupart, par des bouviers armés. Ces derniers font paître le bétail dans les champs de manioc et de mil, et vont même jusqu’à déterrer les boutures de manioc pour les sectionner et donner à manger à leur bétail. Les plaintes des paysans restent sans suite car les autorités locales sont impuissantes devant ces bergers armés, et appuyés par des groupes armés : « J’ai quotidiennement enregistré des plaintes des populations de Ngaoundaye à Bédaya en passant par Bocaranga et Paoua devant cette situation inédite et extrêmement grave. Le prix de la cuvette de manioc qui était dans ces régions à 750 francs cfa coûte désormais 4500 francs cfa, et parfois il faut en faire venir d’autres contrées du pays ». A fait savoir le député Martin Ziguele

Cependant, la recrudescence de l’exploitation de l’or par des groupes armés, protégés pour certains par des pays voisins. En effet, à 20 km du village Bepikassin (situé sur l’axe Bémal- Bembéré) au lieu-dit Mane Ndah (Eau blanche en langue Kaba) se trouve une grande mine d’or aussi productive que celle de Ndassima, mais elle est exploitée par les 3R après avoir été « inaugurée » par les autorités administratives de la province tchadienne voisine. Les notables en ont informé les forces locales de sécurité mais sans suite à ce jour.                Zarambaud Mamadou