Longtemps combattus par les organisations professionnelles nationale et internationale, les discours de haine, les propos diffamatoires et la désinformation semblent être loin d’être éradiqués dans un pays comme la Centrafrique. Même si l’on sait qu’il ne sera jamais éradiqué, il peut être atténué. C’est ainsi que beaucoup d’efforts restent encore à faire pour ce pays affaibli par les multiples crises et dont les habitants font usage constant des messages violents.

Si l’on fait le tour des endroits publics de Bangui, on se rend compte que les messages violents font partie du quotidien des Banguissois qui réagissent à chaque fois avec brutalité et à chaque occasion. A l’arrêt des bus, dans les marchés, sur les terrains de football ou encore dans les coulisses de certains endroits publics et surtout sur les réseaux sociaux, les langages vulgaires qui peuvent conduire à la haine ou violence ne manquent de faire surface à chaque occasion. Des gens sont agressifs à tel point que l’on se questionne sur le pourquoi d’un tel comportement.

Peut-on dire que c’est l’incivisme qui en est la cause?

Même si elle semble être douteuse cette pensée, une part importante dans ce pays admet que le phénomène des messages et discours de haine continue de fragiliser la paix et le tissu social. Nombreux sont ceux qui affichent des comportements inciviques à l’endroit de leur semblable. Les petits mots comme « pardon », « s’il te plaît », et « merci » qui sont les bases de l’éducation sont en voie de disparition de la part d’un bon nombre de personnes qui au lieu de s’excuser pour un tort, d’être reconnaissant pour un service ou demander la permission sont délaissés au profit des insultes et des messages violents.

L’autre aspect qu’il faut prendre en compte est le niveau d’éducation de ces citoyens qui ne leur permet pas d’être dans une bonne posture pour exprimer leurs besoins. Si on se réfère au cas des conducteurs de moto-taxi qui ont récemment manifesté leur mécontentement face à une situation à Bangui, il y a certes une bonne partie qui s’est bien comportée. Mais la majeure partie est celle qui utilise leur manifestation pour une autre fin. Celle de lancer des messages haineux, d’insulter même des clients innocents qui n’ont rien à y voir mais qui endossent tout. Ceci justifie largement que l’éducation d’une personne contribue énormément à son changement de comportement dans la vie sociale.

Tout le monde sait pertinemment que les crises de 2013 à ce jour ont joué un rôle négatif dans l’amplification des messages haineux qui ont engendré des conséquences néfastes et coûté la vie à certains compatriotes. Ces conséquences ont conduit à une lutte farouche pour apaiser ou encore essayer d’étouffer ces messages haineux au sein de la population. Malheureusement, dans presque tous les milieux, le contrat est amer. Même dans les grandes associations, les partis politiques etc. les propos haineux restent un instrument entre les mains de certaines personnalités.

Pour ce faire, les organisations de lutte contre les messages de haine doivent multiplier les sensibilisations, continuer à travailler auprès de la population sur l’éducation civique et à la citoyenneté. Aussi sur comment parler à son prochain sans utiliser la violence verbale pour ainsi préserver la paix. Un travail sérieux doit être fait sur la question du danger que peut engendrer ces messages d’abord sur une personne quand elle se sent touchée et ensuite sur une communauté si elle se sent taxée.

Belvia Espérance Refeïbona