Selon les résultats de la dernière analyse de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) 2023-2024 rendue publique le 23 juin, environ 2,4 millions de centrafricains sont en insécurité alimentaire aiguë élevée (Phase 3 et 4), tandis que près de 2,18 millions autres sont en situation de Stress (Phase), avec le risque pour certains de basculer dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë plus sévère si les actions nécessaires ne sont pas prises pour la protection de leurs moyens d’existence.

Alors que l’analyse IPC de septembre 2022 prévoyait environ 2,9 millions de personnes en phase 3+ (soit 49% de la population) entre avril – août 2023, la mise à jour montre désormais une situation relativement moins alarmante, avec 39% de la population concernée. En 2022, à la même période, la prévalence IPC 3+ concernait 44 % de la population.

Cette légère amélioration s’explique par la pratique accrue de l’agriculture, mais aussi par l’ampleur de l’assistance alimentaire qui auraient permis de protéger les semences, d’éviter les récoltes précoces, et donc de retarder la période de soudure jusqu’en mars-avril 2023.

Le Gouvernement Centrafricain, les ONG et les agences des Nations Unies, notamment l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture FAO et le Programme Alimentaire Mondial PAM, sont complètement mobilisés pour garantir une réponse alimentaire satisfaisante qui prend en compte l’augmentation significative des besoins.

La situation demeure cependant préoccupante et exige une action urgente pour protéger les moyens de subsistance des plus vulnérables. Pour Éric Rokosse-kamot, ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, « ce chiffre élevé de personnes en situation d’insécurité alimentaire est pour le gouvernement Centrafricain, ses partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile centrafricaine, un signal d’alarme. Nous devons de toute urgence nous mobiliser, faire des plaidoyers et agir afin de venir en aide et sauver des vies de millions de ménages qui ont besoin de repas décents ».

« L’aide à l’agriculture est une forme d’assistance humanitaire vitale et doit être renforcée pour répondre aux besoins de la population. Il faut accroître les investissements dans l’agriculture locale et les infrastructures de production alimentaire pour augmenter la production locale, améliorer la résilience des communautés et contribuer à stabiliser la situation des ménages les plus vulnérables », a souligné Walter De Oliveira, Représentant de la FAO en République centrafricaine. « Les acteurs humanitaires ont besoin de moyens pour soutenir les populations qui souffrent de la faim et les aider à rétablir leurs moyens de subsistance. »

Plusieurs facteurs contribuent à cette situation d’insécurité alimentaire, notamment la hausse des prix des denrées de base et des aliments importés, les conflits et les déplacements de population, la perturbation des chaînes d’approvisionnement alimentaire. En plus, il y’a d’autres facteurs tels que les chocs climatiques qui ont entraîné des pertes de cultures et une diminution de la production agricole.

Selon Peter Schaller, Représentant et Directeur pays du PAM en RCA, « une réponse humanitaire immédiate et coordonnée est essentielle, à destination des groupes de populations les plus affectées. Les partenaires techniques et financiers, les opérateurs économiques, doivent renforcer leur collaboration afin d’assurer que non seulement les réponses humanitaires soient données aux problèmes à court terme, mais aussi sur le moyen et le long terme. » « Nous devons tous œuvrer pour une économie bâtie sur les petits producteurs agricoles et la transformation des produits agricoles locaux, qui renforcent la nutrition et la sécurité alimentaire dans le pays », a-t-il ajouté.

Pour continuer à faire face à ces besoins croissants, La FAO et le PAM ont besoin de plus de financements, afin d’ accroitre leur appui au gouvernement de la RCA dans ses objectifs de développement en matière de sécurité alimentaire.

A propos de l’IPC

L’IPC consiste en une série d’outils et de procédures qui servent à classer le niveau de sévérité et les caractéristiques des crises alimentaires et nutritionnelles ainsi que de l’insécurité alimentaire chronique sur la base de normes internationales. L’IPC se compose de quatre fonctions qui se renforcent mutu­ellement ; chacune d’elles s’accompagne d’un ensemble de protocoles (outils et procédures) spécifiques.

À propos de la FAO

La FAO est une institution spécialisée des Nations Unies qui dirige les efforts internationaux pour éradiquer la faim. L’objectif de l’Organisation est de parvenir à la sécurité alimentaire pour tous et de faire en sorte que les populations aient régulièrement accès à une nourriture de qualité suffisante pour mener une vie active et saine.

À propos du PAM

Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies est le plus grand organisme humanitaire au monde. Il sauve des vies en situations d’urgence et utilise l’assistance alimentaire pour ouvrir une voie vers la paix, la stabilité et la prospérité au profit de ceux qui se relèvent d’un conflit ou d’une catastrophe ou subissent les effets du changement climatique.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Isabelle Flore Wega WFP/Bangui Mob. +236 74 50 21 42

Bruno Djoyo, WFP/Bangui, Mob. +236 74 50 21 43

Seigneur Yves Willikoesse, FAO/Bangui, Mob. (+236) 72259013