La ville de Bambari située dans la préfecture de la Ouaka à trois cent quatre-vingts six (386) kilomètres de la capitale Centrafricaine, est l’une des villes les plus touchées par les crises militaro-politiques qui avaient secouées le pays en 2013. Pour aider à relever le pays, de nombreuses ONGs se sont installées pour apporter leurs différents soutiens à la population afin d’aider cette ville à sortir de cette crise. Tel est le cas de l’ONG WHH qui contribue à la relance des activités agricoles dans le cadre de la sécurité alimentaire.
WHH est une organisation internationale non gouvernementale qui est présente en Centrafrique depuis 2014, et s’est installée à Bambari en 2021. Sa vision est celle d’une République Centrafricaine où toute la population à accès à des systèmes alimentaires durables et inclusifs performants axés sur la nutrition résilience face aux conflits et aux effets du changement climatique.
Dans la ville de Bambari, l’ONG WHH a exécuté beaucoup de projets notamment le projet d’appui intégré à l’agriculture et à la chaine de valeurs en République Centrafricaine dénommé (Yaka ti Kékéreke) qui est financé par l’Union Européenne ; le projet de réponse d’urgence à la crise alimentaire en Centrafrique financé par la banque mondiale ; un autre projet qui est celui de l’appui à la résilience et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle financé par la Banque Africaine de Développement et le projet d’autonomisation des femmes rurales; le projet de relance agricole et développement de l’agrobusiness.
La relance des activités agricoles à Bambari
Dans le cadre du projet d’appui intégré à l’agriculture et aux chaines de valeurs en consortium avec deux autres ONGs, l’ONG WHH a réalisé des activités sur deux volets à savoir, le volet infrastructure et le volet agriculture et chaine de valeurs.
En ce qui concerne le volet infrastructure, l’ONG WHH est entrain de réhabilité l’ICRA de la ville de Bambari qui est situé à environ quatorze (14) kilomètres de la ville. Les bâtiments réhabilités sont au nombre de trois (03) notamment la maison du directeur de l’ICRA, le Bâtiment administratif et le Bâtiment des visiteurs et il y’a des bâtiments en cours de construction qui ont des magasins de stockage des semences et un air de séchage.
Le directeur par intérim de L’ICRA, Edouard Yoloba témoigne le travail de WHH : « la crise que nous avions vécu était penible. Tout etait detruit, on voyait seulement que les ossatures des maisons administratives et ces maisons sont envahies par des herbes impénétrables et c’était très alarmant. Maintenant, WHH vole au chevet de l’agriculture centrafricaine plus précisément de l’ICRA sur les six stations sur toute l’étendue du territoire depuis 2015. WHH nous fournis des semences pour renforcer la production agricole. L’ICRA de Bambari après leurs accords avec trois entreprises, ils sont venus le 3 janvier 2025, Ils ont dégagé les herbes et voila ils sont entrain de faire la réhabilitation et je les apprécie ».
Le Directeur par intérim a indiqué que : « La présence de WHH est salutaire, quand nous sommes venus pour faire l’ouverture, il n’y avait pas de logement tout était détruit et nous étions obligés d’aller vivre dans les logements rescapés qui restent pour les ouvriers et le bureau que nous utilisons en ce moment est le marché que nous avons transformé en bureau provisoire, WHH est en train de réhabiliter notre bureau, le bâtiment des visiteurs et l’aire de séchage et les magasins ».
Alors que les réhabilitations se poursuivent le directeur par intérim a fait savoir que l’ICRA a encore plus de besoin : « WHH nous a soutenu, il nous a acheté le tracteur, mais nous avons de garage pour réparer notre tracteur en cas de panne. Nous avons un entrepôt des grandes cultures vivrières qui a besoin d’être réhabilité afin d’entreprendre en grande envergure car on a déjà le tracteur », a expliqué le directeur par intérim.
Par ailleurs, dans le Groupement Ndekenamo au village Matchika, situé à une vingtaine de kilomètres sur l’axe Alindao les habitants bénéficient du volet de l’agriculture et aux chaînes de valeurs. Dans ce village les deux communautés chrétiennes et musulmanes cohabitent ensemble, ils ont réussi à cultiver quatre (04) hectares de terre et à faire des tontines améliorées (AVEC). Ils sont en tout vingt-cinq (25) personnes dont dix-huit (18) hommes et sept (07) femmes.
George Regonendji, l’un des bénéficiaires du projet du village Matchika explique les bienfaits de l’ONG WHH : « dans les moments de crise qu’a connu notre pays, nous avons fuis notre village pour aller trouver refuge ailleurs jusqu’à ce que le calme est revenu avant de revenir. L’ONG WHH qui nous a beaucoup soutenu, premièrement par des formations sur l’élevage et l’agriculture. Pour cultiver la terre WHH nous a remis des houes et ensuite des semences notamment les maïs, les arachides, les sésames, les courges et le riz, cela nous permis de cultiver des champs en groupement. Avec les produits que nous avons reçus WHH nous a mis sur la bonne voie et aujourd’hui notre condition de vie est améliorée. Dans notre groupement nous avons des hommes et des femmes avec qui nous travaillons dans l’entente grâce au conseil de WHH. Ce qui nous a encore le plus marqué est la tontine améliorer AVEC ou nous nous réunissons pour contribuer de l’argent et donner du crédit si nécessaire à ceux qui sont dans le besoin pour les commerces mais avec un délai qu’ils doivent respecter ».
Ziberil Baba l’un des habitants de Matchika demande à ce que l’ONG WHH leur apporte encore plus de soutiens : « Nous attendons de la part de WHH des animaux pour l’élevage, nous avons besoin des charrues de bœuf pour encore cultiver plus d’hectares de terres, et les femmes demandent à ce qu’on leur fourni des moulins pour écraser les farines de manioc, de maïs et d’arachide ».
Réalisation et défi de WHH dans la ville de Bambari
Dans la réalisation de ces activités selon la cheffe du projet de l’ONG WHH à Bambari, l’ONG WHH s’est beaucoup focalisé dans le renforcement de capacités techniques et organisationnelles des producteurs. Il y’a l’appui en intro agricole et équipement, le soutien dans les actions de commercialisation des produits agro-pastoraux, l’appui à la production des semences, l’ONG WHH soutient les vétérinaires aux petits bétails, en mettant en place une pharmacie vétérinaire; il y’a l’appui dans la nutrition des groupements en société coopérative, il y’a le soutien d’appui au chaine de valeurs agricoles à travers la construction des infrastructures productive communautaire à savoir les marchés, les aires de séchage, les magasins de stockage et la mise en place des unités de transformation, l’ONG WHH appui les apiculteurs, les organisations paysannes entrepreneurial afin de faciliter ou de leur rendre autonome.
Cheffe de projet WHH : « Toujours dans la réalisation de nos activités les défis ne manquent pas, on peut souligner l’insécurité au niveau des axes, souvent on veut sortir pour les activités, on nous dit voilà l’axe est menaçant, il y’a les hommes non identifiés qui sont sortis sur l’axe et ça impact souvent nos activités. Il y’a aussi la dégradation avancée des routes et aussi il y’a la procréation des projets par la communauté c’est à dire les bénéficiaires sont trop habitué par les projets d’urgence, cela fait que la mise en œuvre des développements causes parfois problèmes ».
Le contexte humanitaire à beaucoup changé en Centrafrique, la cheffe de projet WHH lance un message à l’endroit des bailleurs : « Je sollicite l’indulgence des bailleurs de tourner regarde pour l’instant au projet de développement afin de favoriser les ONGs qui exerce dans le projet de relèvement et de développement de faire face à leurs mises en œuvre et afin de changer le visage de la population ».
Signalons que depuis 2021 jusqu’aujourd’hui l’ONG WHH a appuyé au total sept mille cinq cents soixante-sept (7.567) personnes dont deux cent quatre-vingt-seize (296) femmes et cinq mille quatre cent soixante-onze (5.471) hommes.
Milca Bissidi

Commentaires récents