À Bangui, face au manque d’opportunités d’emploi, de nombreux jeunes se tournent vers le lavage des véhicules et des motos-taxis le long des principales artères de la capitale. Cette activité, bien que modeste, constitue une source de revenus qui leur permet de subvenir à leurs besoins quotidiens et de soutenir leurs familles.
Il est 9 heures du matin au quartier Kangala, dans le 3ᵉ arrondissement de Bangui. À proximité du pont BONUCA, au bord du canal, plusieurs groupes de jeunes laveurs, vêtus de leurs uniformes, s’activent autour des véhicules et motos-taxis. Ces jeunes ont choisi de ne pas rester les bras croisés et de se battre pour leur survie à travers ce métier.
Parmi eux, Gustave Dallé, rencontré sur place, témoigne de l’importance de cette activité dans sa vie :
« Ce travail m’a beaucoup aidé à nourrir ma famille. J’ai exercé dans d’autres secteurs, mais je n’arrivais pas à joindre les deux bouts. Aujourd’hui, grâce au lavage, je prends soin de ma famille », explique-t-il avec fierté.
Un peu plus loin, au quartier Miskine, Jonathan, un autre jeune laveur, raconte les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans ce métier :
« Nous sommes dans le quartier sans aucune activité. En tant qu’habitants, nous ne pouvons pas rester inactifs. C’est pourquoi nous avons décidé de sortir sur la route pour travailler. Chaque jour, nous rentrons avec de quoi manger », souligne-t-il.
À ses côtés, Enoch Alain Demafouth, fort de plus de quatre années d’expérience dans le lavage, évoque les difficultés rencontrées :
« Nous faisons face à beaucoup de problèmes, notamment avec certains clients. Il n’y a pas toujours d’entente sur les prix, et nos conditions de travail restent précaires. Mais nous tenons bon », confie-t-il.
Malgré ces obstacles, Enoch lance un appel à la jeunesse désœuvrée : « J’implore mes frères qui restent dans les quartiers sans rien faire de chercher à travailler. Voler ou braquer ne mène à rien de bon. Il faut se mettre résolument au travail pour gagner sa vie. »
Ce métier, bien qu’ardu, représente une alternative pour de nombreux jeunes de Bangui. Il leur offre non seulement la possibilité de subvenir à leurs besoins, mais aussi de contribuer au bien-être de leurs familles. Dans un contexte marqué par le chômage et la précarité, le lavage des véhicules et motos-taxis apparaît comme une activité exemplaire, démontrant la capacité des jeunes centrafricains à s’adapter et à trouver des solutions face aux difficultés.
Ainsi, ces initiatives méritent d’être encouragées et reconnues, car elles illustrent la volonté de la jeunesse de Bangui de bâtir son avenir par le travail, même dans des conditions difficiles. Shérifa Adam

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