Une évolution notable est observée dans le dossier opposant le ministère de la Santé publique et de la Population à Médecins Sans Frontières (MSF), section Espagne. Quelques jours après la publication d’une note de service suspendant les activités de l’équipe mobile d’intervention d’urgence (EURECA), le dialogue semble désormais renouer entre les deux parties.

Le mardi 1er avril 2026, le chef de mission de MSF Hollande, Lopez Manuel Iglesias, a été reçu en audience par le ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Pierre Somsé. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de rapprochement visant à restaurer la collaboration entre l’ONG humanitaire et les autorités sanitaires de Bangui.

Le chef de mission de MSF Hollande, Lopez Manuel Iglesias, a reconnu les faits reprochés à son organisation. « Nous reconnaissons que nous avons commis une erreur en matière de communication. Mais nous allons chercher à collaborer avec le ministère de la Santé pour mener ensemble des actions de santé en faveur de la population centrafricaine. Il n’y a pas de problème entre nous », a-t-il déclaré.

De son côté, le ministre Pierre Somsé a indiqué : « Nous avons passé en revue l’ensemble des faits que nous déplorons, en mettant l’accent sur la communication. MSF doit s’aligner sur les normes et les politiques du pays, surtout dans le nouveau contexte national et international. La RCA est dans une phase de développement, bien que les crises sécuritaires et sanitaires touchent encore le pays. La tendance dominante reste toutefois le développement. Cette sanction s’inscrit dans le cadre d’un plan de développement national afin que tous les partenaires y adhèrent et le soutiennent. MSF doit recadrer son aide au pays dans ce nouveau cadre. Les sanctions pourraient être levées dans les prochains jours, sous réserve d’engagements de MSF-Espagne à se conformer aux exigences des autorités centrafricaines. »

Pour rappel, dans une note officielle signée le 26 mars 2026, le ministre de la Santé publique avait suspendu les activités de l’équipe EURECA sur l’ensemble du territoire national. Cette décision faisait suite à plusieurs griefs, notamment une mauvaise collaboration avec les services publics, le non-respect répété des dispositions du mémorandum d’entente, ainsi que des accusations de désinformation sur la gestion des épidémies.

Lors de cette audience, les échanges ont également porté sur les modalités de reprise des activités, avec un accent particulier sur le respect des cadres de coopération existants et le renforcement de la coordination avec les structures nationales de santé. Les deux parties ont exprimé leur volonté commune de privilégier l’intérêt des populations, notamment dans la réponse aux urgences médicales et humanitaires.

Freddy Ulrich Tanga