L’annonce du retour du maire Émile Gros Raymond Nakombo à la tête de la mairie de Bangui continue de susciter des réactions. Le mercredi 22 avril, l’Association Prise de Conscience et Révolution, une organisation de la société civile qui soutient les actions du président Touadéra, s’oppose contre cette décision. Elle demande en revanche, l’intervention du chef de l’État pour prendre des mesures afin que ce dernier ne reprenne pas ses fonctions.

Il n’a fallu que deux jours après la manifestation du personnel de la mairie de Bangui, qui a protesté contre cette annonce, ainsi que la réaction du maire lui-même, pour que cette prise de position intervienne.

Pour le révérend pasteur Innocent Touzoubé Kassai, président fondateur de l’Association Prise de Conscience et Révolution, son organisation s’oppose à cette décision parce que selon elle, durant la gestion d’Émile Raymond Nakombo, la ville de Bangui n’était pas propre et se trouvait dans un état d’insalubrité avancée. Ainsi, son retour ne pourrait rien apporter de positif à la capitale.

« Nous, à la PCR, nous demandons au président de la République, Faustin Archange Touadéra de prendre une décision afin que ce dernier ne reprenne plus ce poste. Car nous tous les centrafricains, on a constaté que la ville de Bangui a un certain temps, pendant les 10 années qu’il a parlées, était tellement sale. Il y a certains endroits de la ville de Bangui qui sentaient les urines. Tu ne pouvais pas passer dans la ville. Mais aujourd’hui, avec la nouvelle équipe qu’on a nommée, on a vu que la ville de Bangui est propre. La cinquantenaire, jusqu’à aujourd’hui, tu ne peux même pas aller voir. Elle était très, très, très, très sale. Mais nous constatons actuellement que les choses sont en train d’améliorer. Donc, si nous voyons, il y a un problème d’incompétence. Monsieur Emile Gros Raymond Nakombo est incompétent. Quand il parle d’amener la mairie de Bangui à un niveau international, à la sous-région, mais qu’est-ce qui est palpable ? On veut ce qui est palpable. On veut voir quelque chose qui est clair, qui peut être bénéfique de tous les centrafricains. » A-t-il déclaré.

Si, lors de sa réaction à la presse, le mardi 21 avril, le maire Nakombo a déclaré qu’il « est nommé par décret présidentiel et qu’un arrêté ministériel ne saurait le relever de ses fonctions », pour cette organisation, cette déclaration est perçue comme un mépris envers le ministre de l’Administration du territoire.

« Lors de ses sorties sur les médias, il parlait contre le secrétaire général de la mairie de la ville de Bangui en disant que son décret a été signé par le chef de l’État. Et nous déplorons cette mentalité, nous déplorons cette manière de faire par rapport à ce qu’il disait que le ministre de l’Intérieur ne pouvait rien faire contre son décret. C’est un mépris d’abord vis-à-vis des institutions de la République. Et nous, en tant que société civile, nous soulignons ce point, afin que le gouvernement et le président de la République prennent acte de ce qu’il avait dit hier. Parce que lors de sa prestation de serment, le président de la République, parlait d’impunité zéro à la 7e République. Et nous déplorons cette chose qui ne peut pas nous avancer, les mêmes choses qui ont été passées hier sont en train de revenir dans la 7e République. Le ministre de l’Administration est son chef hiérarchique, il lui doit du respect. Il ne devait pas dire que son décret est signé par le président de la République et que le ministre ne peut rien faire contre lui. C’est un manque de respect ». A souligné Innocent Touzoubé Kassai.

Toujours pour contester ce retour, l’association envisage de déposer une plainte contre Émile Gros Raymond Nakombo, dans la mesure où il envisagerait de poursuivre certains responsables de la mairie.

« Le président de la délégation spéciale de la ville de Bangui a porté plainte contre le secrétaire général de la mairie. Nous demandons au Président de la République de veiller strictement sur ce point. À la PCR, en tant qu’organisation de la société civile, nous soutenons le secrétaire général de la mairie de Bangui, car il est difficile de trouver de tels Centrafricains. C’est un acte de bravoure, un acte à féliciter. Nous demandons également au Président de la République et au chef du gouvernement d’en prendre acte. Par ailleurs, nous, à Prise de Conscience et Révolution, allons porter plainte devant le tribunal de Bangui concernant la gestion de la ville durant les dix années qu’il a passées à la tête de cette administration. »

Si l’annonce du retour d’Émile Gros Raymond Nakombo continue de créer des tensions entre le personnel de la mairie et certaines organisations de la société civile, les autorités centrafricaines doivent trouver une solution. Si nécessaire, le Président Touadéra doit intervenir pour mettre un terme à cette polémique.

En attendant, cette organisation appelle le gouvernement, en particulier le Président de la République, à réagir afin d’empêcher la reprise de fonctions de l’intéressé à la tête de la mairie.       Déus Gracias Tchémanguéré