Au moins 15 enquêteurs ont été formés pour 4 jours en vue de leur déploiement du 17 Août  au  7 Septembre 2022, afin de mener une enquête sur le taux de confiances envers le système judiciaire et sécuritaire. Une formation assurée par le projet d’assistance technique au ministère de la justice et celui de la sécurité publique (Altair) sur financement de l’Union Européenne qui appui ces assistances dans le cadre du 9e Fonds Européens du Développement (FED).

L’appui de l’opérateur Altair à ces deux ministères s’inscrit dans le cadre du processus de reconstruction démocratique de l’Etat et de la consolidation de la paix, dans la ligne droite de la mise en œuvre de l’accord politique pour la paix et la réconciliation nationale, le Plan national de Relèvement et de Consolidation de la Paix en Centrafrique (RCPCA) et la politique sectorielle de la justice. Le projet Altair appui les ministères de la Justice et celui de l’intérieur, chargé de la sécurité publique afin de renforcer les capacités organisationnelles et opérationnelles de leurs services.

C’est dans le but d’évaluer les retombées de ses actions auprès des deux ministères et la population que le projet Altair en collaboration avec ces deux départements ministériels a initié la formation des enquêteurs en vue d’une enquête de confiances dans la ville de Bangui, Bimbo et Begoua, même si son appui ait vocation nationale. Le choix de ces zones se justifie par le fait que la Préfecture de Bangui en termes de population représente près d’un quart de la population nationale, des instances juridictionnelles les plus sollicitées.

La collecte des données sur le terrain est placée sous la conduite de deux superviseurs qui assurent la supervision dans chaque zone d’étude. Les agents d’enquête seront appelés à recueillir des informations auprès des justiciables et avocats ou citoyen qui ont une affaire en cours devant la justice à base d’un questionnaire préalablement établi. Les cibles seront les personnes âgées de 18 ans à plus de 65 ans.

Selon les organisateurs, cette enquête, en ce qui concerne le volet justice sera effectuée dans les 10 unités primaires de la justice que sont : La Cour d’Appel de Bangui (chambre civile et commerciale), la Cour d’Appel de Bangui (chambre sociale) ; la Cour d’Appel de Bangui (chambre correctionnelle) ; la Cour d’Appel de Bangui (chambre d’accusation) ; le Tribunal de Grande Instance de Bangui, le Tribunal du Travail, le Tribunal de Commerce, le Tribunal pour Enfants, le Tribunal Administratif et le Tribunal de Grande Instance de Bimbo.

En ce qui concerne la sécurité, l’enquête sera conduite au Commissariat du 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e, 8e arrondissement de Bangui; à la Direction des Services de la Police Judiciaire (DSPJ) ; à l’Office Centrale de Lutte Anti-Drogue (OCLAD) ; à l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) ; à l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des Violences Sexuelles faites aux femmes et aux filles (UMIRR) ; à la Section de Recherche et d’Investigation (SRI) ; à la Brigade Fluviale, aux Brigades de Gendarmerie de Bangui, Begoua, Bimbo, Landja ainsi qu’à la Brigade de Gendarmerie des Transports Aériens (BGTA).

Les résultats de ces enquêtes permettrons au gouvernement de prendre des orientations stratégiques, avec l’appui du projet Altair afin d’atteindre l’objectif de cette assistance technique.

Depuis les multiples périodes de la crise que le pays a connues, la population a perdu confiance en la justice et aux acteurs de la sécurité comme les forces de l’ordre. Mais depuis un certain temps, la confiance se renait petit à petit et l’enquête ainsi lancée permettra de juger ce niveau de confiance et de réorienter les actions.

En effet, l’assistance technique vise à contribuer à la réforme du système judiciaire et du secteur de la sécurité, contribuer à l’amélioration des capacités, de la performance et de l’efficacité du système judiciaire et enfin renforcer les capacités du secteur de la sécurité. Plusieurs actions ont été menées dans ce sens. Durant trois ans de cette assistance, plusieurs résultats devraient être atteints au terme de l’assistance.

Fridolin Ngoulou