Dans la nuit du dimanche 06 juin, un incendie dont l’origine est encore inconnue s’est déclaré au siège technique de la société de téléphonie mobile en Centrafrique. « Le feu a fait des ravages en détruisant la plupart des équipements. L’ensemble du réseau Orange de Centrafrique est hors service », a déclaré à RFI Régis Delière, directeur d’Orange Centrafrique.

Il a déploré que « ce sont des coûts gigantesques et des années de travail pour construire un équipement comme celui-là. Donc, renouveler tout cela, ça coûte beaucoup d’argent. J’espère pouvoir annoncer de meilleures nouvelles dans les tout prochains jours ».

Grand impact sur l’économie et Internet

Cela a impacté les services du réseau télécoms d’Orange car son centre de données et ses installations radios ont été détruits par le feu. Il est aussi impossible de procéder au transfert de fonds par le Mobile Money. Cet accident dramatique a déjà des conséquences sur l’économie numérique dans l’ensemble du pays. Mis à part l’impossibilité de faire des opérations avec Mobile Money, c’est aussi les banques de la place qui sont affectées.

Une première investigation à Ecobank nous a permis de comprendre que la banque panafricaine est fortement touchée, heureusement pour Commercial Bank Centrafrique (CBCA) qui est à moitié affecté car disposant d’une antenne VSAT. « Les banques primaires n’en parlons pas, car difficile de faire les transactions. Dépôt ou retrait », a déploré un inspecteur de la télécommunication que nous avons contacté.

Pour contourner toutes ces difficultés, les abonnés d’Orange Centrafrique « se rabattent vers Telecel et Moov-africa à tel point que le réseau est saturé », a rapporté la même source.

Telecel à la rescousse. Et le cas Socatel ?

Dans ce pays d’environ 5 millions d’habitants, Orange le N°1 du marché de télécoms, Telecel et Moov-Africa se partagent environ 1,25 million d’abonnés mobiles.

L’entreprise Orange compte plus de 800.000 abonnés devant Telecel. Depuis cet accident, ce sont « 32 villes de Centrafrique coupées du réseau de téléphonie mobile Orange», a noté le Ministre des télécommunications.

Cette situation met encore à nu les difficultés de la Société Centrafricaine des Télécommunications (SOCATEL) qui « depuis 2007, n’est plus responsable du trafic international centrafricain ». Depuis cette date, elle détient que « moins de 10% de parts de marché du mobile en proie depuis plusieurs années à de nombreuses difficultés ».

Pareillement, le retard technologique de la société publique, la mauvaise couverture réseau et la mauvaise qualité de service lui ont valu un désintéressement progressif des populations au profit d’Orange, Telecel et Moov-Africa.

La situation dans laquelle se trouve aujourd’hui Orange Centrafrique devrait encore impactée fortement sur l’économie déjà affectée par la crise militaro-politique ainsi que les crises d’électricité et de carburant.

Junior Max Endjigbongo