Une conférence de presse s’est tenue ce 7 mai 2026 à l’Espace Linga Téré, dans le 8e arrondissement de Bangui, autour de la crise que traverse actuellement le secteur culturel en République centrafricaine. À cette occasion, Yvon Kévin Eka Massibanga Matoulou, Conseiller économique, social et environnemental (CESE), a lancé un appel fort à l’unité des artistes et aux autorités pour des réformes profondes afin de redonner à la culture sa place dans le développement national.

Dans son intervention, le Conseiller économique, social et environnemental (CESE) a dressé un constat alarmant face à la recrudescence des tensions internes dans le milieu artistique et à l’absence de la culture dans les débats politiques post-électoraux. Selon lui, « le milieu culturel et artistique centrafricain souffre d’une instabilité interne marquée par des tensions répétées entre acteurs culturels, ce qui nuit à sa crédibilité auprès du public et des partenaires. Il y a également l’absence de la culture dans les récents débats politiques et programmes nationaux, malgré son potentiel économique et social », a-t-il déclaré.

Face à cette situation, le conseiller a proposé une série de mesures urgentes pour relancer le secteur, telles que l’opérationnalisation du BUCADA (Bureau centrafricain du droit d’auteur) afin de permettre aux artistes de vivre du fruit de leurs œuvres ainsi que l’adoption d’un véritable statut de l’artiste garantissant une protection sociale, fiscale et professionnelle.

« Autre revendication majeure : nous voulons l’augmentation du budget alloué au ministère en charge des Arts et de la Culture. La culture ne peut jouer pleinement son rôle dans la construction de l’identité nationale sans moyens conséquents. J’insiste également sur la nécessité de créer un fonds de soutien aux initiatives culturelles et de lancer la construction d’un palais de la culture dans le cadre du plan de développement du Grand Bangui », a-t-il ajouté.

Pour conclure, le conseiller Yvon Kévin Eka Massibanga Matoulou a appelé les artistes à dépasser les divisions internes et à se rassembler au sein d’un front commun capable de défendre les intérêts du secteur culturel et artistique auprès des autorités publiques. « Les artistes sont les guides et l’identité vivante de la République centrafricaine. Nous devons agir dans la discipline, la dignité et le respect pour bâtir un secteur culturel fort et prospère », a-t-il conclu.

Rappelons qu’à l’issue de cette conférence, les initiateurs ont lancé un appel vibrant afin de mobiliser les décideurs gouvernementaux autour de la valorisation des arts et de la culture, considérés comme un pilier de l’identité nationale et un levier potentiel du développement économique.

Freddy Ulrich Tanga