Le Gouvernement centrafricain a procédé ce mercredi 12 juillet 2023 à la signature du contrat de délégation de service public pour la gestion des infrastructures optiques avec la société Bayobab, anciennement appelée MTN Global Connecting (MTN GC), à Bangui en présence du Premier ministre, Chef du Gouvernement Félix Moloua. Une fin d’un long processus des travaux d’étude, de génie civile et de déploiement des infrastructures.

La société Bayobab a été régulièrement retenue après avoir soumissionnée et suivie toutes les épreuves de sélection, suite à la procédure d’Appel d’Offre International à la Manifestation d’Intérêt lancé par les bailleurs, notamment l’Union européenne et la Banque Africaine de Développement (BAD). Cet opérateur va désormais contribuer activement à la transformation de la vie publique dans les dimensions qui  seront les siennes sous les directives du Gouvernement.

De nombreux avantages pour la fibre optique

En effet, selon le Gouvernement centrafricain, les actions concrètes de MTN GC favoriseront l’augmentation des recettes publiques, et la réduction du coût des transactions économiques et sociales, le désenclavement numérique des zones rurales couplé avec l’intégration régionale par son interconnexion. La mise en service du réseau va également accentuer la capacité  de l’Etat à mettre en place une véritable administration électronique (e-gouv).

Le pays pourra atteindre les objectifs tels que : l’augmentation effective de la connectivité au niveau régional, l’accroissement des services sous régionaux à large bande, la réduction du coût des télécommunications, l’assainissement du climat des affaires dans le pays, la création d’emploi sous toutes ses formes, l’extension de la production des biens et services, la réduction de la pauvreté…

A titre de rappel, la première phase du projet CAB a été instruit sur la période2008-2012 conjointement par la Banque mondiale et la BAD mais qui a connu un échec à cause du montage trop complexe du projet. Cette première phase concernait la RCA, le Cameroun et le Tchad.

« Sur la base des leçons apprises, parce que impossible n’est pas BAD, l’impossible n’est pas Centrafricain, la Banque a pris sa responsabilité pour bâtir de nouveau projet Central Africain Backbone (CAB) mais en gardant la visée régionale de ce projet. C’était à partir de 2014 que la composante du Cameroun, ensuite celle du Congo ont été validées », a rappelé le représentant résident de la BAD en Centrafrique, Mamady Souare.

Pour le représentant résident qui intervenait au nom des bailleurs qui ont financé ce projet, la BAD et l’Union européenne ont fait approuver le projet CAB-RCA en décembre 2017 avant de mobiliser l’année suivante des ressources complémentaires décisives auprès de son partenaire de choix qui est l’Union européenne pour un don global d’environ 33 millions d’euros en co financement.

Depuis cette période et malgré les obstacles, « nous avons tenu bon pour aboutir aux infrastructures de classe mondiale avec en prime la première dorsale optique du pays. Cela rompt définitivement l’isolement numérique de la RCA sur notre continent. La Banque est extrêmement honorée d’avoir jouée le rôle de chef de file dans cette opération. Nous sommes fiers en ce lieu où s’écrit l’une des plus belles histoires de la renaissance africaine devant l’opinion nationale et internationale, que les trois pays à savoir le Cameroun, le Congo et la RCA sont désormais interconnectés par fibre optique. Cela signe l’arrivée de la RCA en tant que pays éminemment central dans l’échiquier de l’intégration digitale de notre continent », a souligné le représentant résident de la BAD Mamady Souare.

A travers cette nouvelle phase qui s’ouvre, la RCA assumera un rôle de Up pour interconnecter les façades orientales et occidentales du continent de par sa position géographique. Elle sera aussi un point de passage intéressant pour le trafic du nord vers le sud du continent. Cela est donc synonyme de création de richesse pour le pays et de service digitaux accessibles et de haute qualité pour la population centrafricaine.

La connectivité ne se limite pas à l’accès à l’internet. Selon Amaru Chavez-Pujol, directeur de la technologie et de l’information du Groupe Bayobab, cette connectivité ouvre les portes à la connaissance, à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques. « En RCA, où l’accès aux services et aux opportunités est limité, le pouvoir de la connectivité devient encore plus crucial. En connectant les habitants de la RCA au monde numérique, nous pouvons libérer leur potentiel et leur permettre de participer à l’économie mondiale », a-t-il relevé.

En outre, poursuit-il, la connectivité est un catalyseur de la croissance économique et de l’esprit d’entreprise. Elle permet la création de plateformes numériques, de commerce électronique et de marchés en ligne, qui peuvent mettre en relation les artisans et les entrepreneurs locaux de la RCA avec les marchés mondiaux. Elle peut favoriser l’innovation, la création d’emplois et la diversification économique. En investissant dans la connectivité, nous pouvons libérer le potentiel inexploité de l’économie centrafricaine et ouvrir la voie au développement durable.

La RCA, un marché clé pour MTN GC

Pour MTN GC et à travers son PDG Frédéric Schepens, la signature de cet accord est une étape importante pour Bayobab, car elle est comme une étoile polaire qui oriente l’ambition de la société de combler les fossés numériques sur le continent, pour l’amélioration des conditions de vie des communautés.

« Nous pensons que tous les habitants de la RCA méritent de bénéficier d’une vie moderne et connectée et à travers ce partenariat public-privé, nous souhaitons permettre au Gouvernement de répondre à cet impératif », a indiqué le PDG Frédéric Schepens.

En effet, le rapport diagnostic de la Banque mondiale sur l’économie digitale en Afrique donne un aperçu de l’état de l’économie numérique dans chacun des pays. Au sujet de la RCA, le rapport indique à la page 25 que le taux de pénétration de la téléphonie mobile est juste au-delà de 32% avec un nombre total d’abonnés qui s’élève à 1,5 millions. Environ 4% avait accès au service internet en ce temps. Ce qui fait de la RCA l’un des marchés des moins connectés dans le monde.

Selon Frédéric Schepens, Bayobab est ici car la RCA est un pays sélectionné sur la base d’option d’acheminement la plus efficace pour rétablir une liaison complètement entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest. Elle joue ainsi un rôle crucial dans l’expansion des routes de fibre optique existante à la création des nouvelles routes pour relier les différentes parties du continent.

« La RCA reste un marché clé dans lequel nous opérons et avec nos autres marchés, nous voyons des opportunités significatives dans le domaine de l’infrastructure de fibre optique », a fait observer Frédéric Schepens.

Heureux aboutissement pour le Gouvernement

Pour le Gouvernement de Centrafricain, cette signature marque une nouvelle ère pour la RCA. « Cet aboutissement s’intègre dans la volonté politique de son Excellence Professeur Faustin Archange Touadéra, Président de la République, Chef de l’Etat qui a inscrit le développement au centre des priorités de son 2e mandat en comptant d’abord sur les ressources propres du pays. Le Premier ministre, Chef du gouvernement a fait de cette volonté politique du Chef de l’Etat, son cheval de bataille », a rappelé le ministre de l’Economie Numérique, des Postes et Télécommunication, Justin Gourna Nzacko.

Le membre du Gouvernement ajoute que l’évènement de ce jour s’inscrit à l’actif du projet CAB-RCA qui a permis à la RCA de se doter d’infrastructure large de bande afin de matérialiser son intégration numérique au même titre que les pays limitrophes, dans le but de moderniser le niveau des populations et des entreprises et d’améliorer la vie publique par la réduction  de la fracture numérique à travers l’accès au service de qualité du secteur de télécommunication et des TIC.

Cette étape cruciale ouvre la porte à la commercialisation. Selon MTN GC, tout est partie pour quelques semaines pour que la population ressente les retombées de ce projet intégrateur structuré qui est tant attendu dans le pays.

 Fridolin Ngoulou