Le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouedraogo, a indiqué, au cours du point de presse hebdomadaire de la Mission, ce mercredi, à Bangui, que la Mission, à travers la Force, continue de mener des actions visant à rétablir la paix et la sécurité dans le pays.  

Evoquant l’attaque de Ouanda-Djallé (Nord-est), la semaine dernière, par des éléments armés de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouedraogo a expliqué que face à cette situation où l’intégrité physique des populations était menacée, la MINUSCA a entrepris des échanges avec les groupes armés afin d’apporter une solution par le dialogue. « La proposition leur a été faite de déposer les armes et rejoindre le processus de DDR, ou bien de quitter la ville », soulignant que « face au rejet de ces deux options faites, la Force de la MINUSCA a mené une opération militaire, le dimanche 26 juin, avec pour objectif de les contraindre à quitter la ville. Appuyés par des hélicoptères armés, les casques bleus zambiens ont poussé les rebelles à se retirer de la ville dans un rayon de 10 km ».  

Le porte-parole de la Force, qui appelle les groupes armés à déposer les armes et rejoindre le processus DDR, affirme que le calme est revenu dans la ville de Ouanda-Djallé et ses alentours, et que les opérations de sécurisation se poursuivent. « Environ 70% de la population déplacée sont déjà retournés dans leurs ménages. Des renforts sont en route, mais leur progression est fortement ralentie par l’état des routes, très marécageux à certains endroits surtout en cette saison pluvieuse », précise-t-il. 

S’agissant du Sud-est, le porte-parole de la Force de la MINUSCA a informé que la situation sécuritaire à NZACKO et BAKOUMA est calme consécutivement aux actions des casques bleus marocains. « Ceux-ci conduisent des patrouilles de domination à Nzacko et ses environs, ce qui a permis à la vie de reprendre son cours normal », a-t-il dit, soulignant que « dans la localité de Bakouma, les actions constantes du contingent marocain ont permis d’assurer la protection des civils et favorisé le retour de la quiétude ».  

Sur le même chapitre de protection des civils, le chargé de communication de la MINUSCA, Guy Karema, a rappelé que, lors de la présentation du rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la situation en République centrafricaine, le 22 juin dernier, devant le Conseil de sécurité, la Représentante spéciale de l’ONU en Centrafrique et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, a fait savoir que la Mission avait réajusté ses prérogatives, privilégiant désormais une approche préventive et centrée sur les populations civiles. « Cet ajustement conditionne notamment la création et le maintien d’un environnement sécuritaire propice au déroulement du processus de paix, y compris par le respect du cessez-le-feu et la restauration intégrale de l’autorité et des services de l’État », a précisé Guy Karema, citant la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique, Valentine Rugwabiza.  

En substance, Guy Karema est revenu sur le contenu du rapport qui porte entre autres sur le processus politique et de paix, notamment l’implication de la sous-région, le dialogue avec le Gouvernement en matière de l’accord de siège et des droits de l’homme, la mise en œuvre du mandat de la MINUSCA, la crise de carburant, mais aussi les incitations à la haine et les campagnes de stigmatisation et d’incitation publique à la violence. « La Représentante spéciale s’est inquiétée devant le Conseil de sécurité d’une « stigmatisation » persistante et d’une incitation publique à la violence contre des chefs d’opposition ou certains partenaires de la République centrafricaine. Des comportements de nature à saper le processus de réconciliation nationale, et qui risquent de se traduire en actes de violence », a dit Guy Karema. 

Pour sa part, le porte-parole de la Police des Nations unies, le commissaire Serge Ntolo Minko, a indiqué que les états-majors intégrés de la MINUSCA, à travers les unités de police constituées et les officiers de police individuels, conjointement avec leurs homologues des Forces centrafricaines de sécurité intérieure (FSI), ont intensifié les patrouilles diurnes et nocturnes dans les artères, carrefours et points stratégiques de la ville de Bangui et en province. Cette posture, a-t-il précisé, a permis une baisse générale de 30% du nombre de crimes et délits avec 404 cas, contre 580 la semaine dernière. 

Minusca