Le mardi 30 juin 2026, l’Université de Bangui a procédé au lancement officiel de son Dispositif Genre. La cérémonie, marquée par une forte mobilisation des étudiants, s’est déroulée en présence des membres du cabinet du ministère du Genre, des partenaires techniques et financiers ainsi que des autorités universitaires.
Dans la continuité de cette initiative, une campagne de sensibilisation de proximité se tiendra du 30 juin au 7 juillet 2026 dans toutes les facultés de l’Université, afin de promouvoir l’égalité et l’inclusion au sein de la communauté académique.
Pour Brice Assuerus Wonzo, coordonnateur du dispositif, ce lancement est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. « Le dispositif genre de l’Université de Bangui n’est pas le fruit d’un hasard. C’est le fruit d’un long travail qui a été très difficile, mais ça nous a permis aussi d’arriver aujourd’hui à ce qu’on a », a-t-il confié.
L’idée a germé en 2025, à la suite d’une étude menée par l’Institut européen de coopération et de développement (IECD). Ce diagnostic avait révélé une réalité préoccupante : seulement 34 % des étudiants étaient des filles, et de nombreux obstacles entravaient leur parcours académique. Face à ces constats, un plan d’action a été élaboré avec le soutien d’organisations nationales et internationales, ouvrant la voie à la création du dispositif.
Le dispositif repose sur quatre axes majeurs Promouvoir l’égalité de genre à travers des activités de sensibilisation et de formation, Établir des partenariats entre l’Université et des structures spécialisées, Réhabiliter les infrastructures, notamment les toilettes, afin de répondre aux besoins spécifiques des étudiantes et Intégrer la dimension genre dans toutes les communications et politiques stratégiques de l’université.
Selon Brice Assuerus Wonzo, l’objectif est clair : « Créer un environnement sûr et confiant pour toutes et tous. Je ne dirais pas que nous allons mettre fin au harcèlement sexuel, mais nous allons contribuer à sa réduction. »
Matilde Estiot, cheffe de projet RELIEEF et représentante de l’IECD, a rappelé l’importance du travail collectif qui a permis d’aboutir à ce dispositif. « C’est un honneur pour moi de vous présenter aujourd’hui le but d’un travail collectif, engagé autour de la promotion des femmes. Ce travail s’est mené avec une conviction sans faille, celle de faire de l’Université de Bangui un modèle en matière d’inclusion et d’égalité », a-t-elle déclaré.
Elle a expliqué que le diagnostic de 2025 avait mis en lumière des obstacles culturels et institutionnels freinant l’égalité des chances. Ce diagnostic, loin d’être une fin en soi, a servi de base à une stratégie partagée avec des associations locales, nationales et internationales. De là est né un groupe de travail dédié au genre, qui a permis de bâtir un plan d’action robuste et opérationnel.
« L’impact que nous visons est concret. Nous parlons de réussite des étudiants et des étudiantes, de voir augmenter la participation des femmes aux instances de décision et de créer un environnement plus sûr pour tous », a-t-elle ajouté.
Le lancement du dispositif n’est qu’une première étape. Du 30 juin au 7 juillet 2026, une campagne de sensibilisation de proximité se déroulera dans toutes les facultés de l’Université de Bangui. Cette campagne vise à diffuser les valeurs d’égalité et d’inclusion, en impliquant directement les étudiants et les enseignants. Elle constitue une étape essentielle pour garantir l’appropriation du dispositif par l’ensemble de la communauté académique.
Le dispositif genre de l’Université de Bangui se veut un plan d’action concret. En intégrant la dimension genre dans ses politiques et en améliorant ses infrastructures, l’université aspire à devenir un modèle inspirant pour les autres établissements d’enseignement supérieur du pays et de la région.
Comme l’a souligné Matilde Estiot : « La création de ces dispositifs est un acte qui se veut pédagogique mais surtout profondément humain. C’est la reconnaissance de l’égalité entre femmes et hommes. Et ça n’est pas un luxe, mais une condition sine qua non du développement et de la prospérité de la société. »
Dieu béni Anderson Kabou

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