La jeunesse centrafricaine a plus que jamais besoin d’une attention particulière. Un investissement conséquent doit être mobilisé pour l’autonomisation de cette jeunesse afin de soutenir sa résilience.
Le taux de chômage des jeunes par rapport au pourcentage de la population active totale ayant entre 15 et 24 ans est estimé 12 % alors que 75 % de la population de la RCA (6 millions) a moins de 35 ans. Selon les données officielles, trois Centrafricains sur 10 ont entre 10-24 ans. Ils sont cependant très fortement touchés par le chômage avec un taux global estimé à 87 %, ce qui est un véritable fléau social, un danger pour la stabilité du pays.
Les jeunes centrafricains ont participé aux conflits dans le pays, soit en tant que membres de groupes armés ou soit en tant qu’agents de la paix. Cette jeunesse est en même temps actrice et victime des multiples conflits qui ont endeuillé le pays depuis plusieurs décennies dont le pire des cas est intervenu entre 2013-2016.
Transformer les données en opportunité
Ces données combien tristes doivent être transformées en opportunité. Les jeunes diplômés sans-emplois verront la gloire en se réorientant vers l’entrepreneuriat, véritable source d’autonomisation et de résilience.
Entre 2016 et 2020, plus de 28.213 emplois ont été créés en faveur des jeunes, à en croire une étude menée par le ministère en charge de l’emploi.
Dont 11.803 emplois pour les jeunes dans la fonction publique, 6.688 dans le secteur de la défense et la sécurité, 5.175 dans l’Administration publique. Dans le secteur privé, environ 16.410 emplois ont été créés durant la même période. Alors, pourquoi ne pas investir davantage dans l’autonomisation des jeunes sans emploi ? Qu’est ce qui empêche un sursaut réel de l’autonomisation des jeunes?
Voilà une raison de plus pour que les autorités politiques, les organisations internationales et le secteur privé de soutenir la résilience de cette jeunesse dont la majorité a grandi dans les violences et les crises politico-militaires dans le pays.
Aujourd’hui, alors que la Centrafrique renoue avec une certaine stabilité, la jeunesse est en attente d’une attention particulière à ses problèmes. Des problèmes d’éducation, de santé, de formation, de l’emploi, de sécurité et d’épanouissement.
Les TIC, une aubaine
A l’ère des technologies de l’information et de la communication et au moment où l’économie numérique devient de plus en plus croissante dans le monde et en Centrafrique, la jeunesse doit saisir cette chance qu’offre le numérique pour son autonomisation.
La RCA est un pays où tout reste à construire. Le taux d’accès à Internet reste faible et son augmentation prochaine pourra constituer une source de création d’emploi et de richesse pour les jeunes.
C’est ainsi que la jeunesse centrafricaine doit aujourd’hui tourner la page de la victimisation et regarder l’avenir du bon côté. Car, la RCA reste encore un pays vierge, une terre d’opportunité convoitée par les étrangers qui s’affluent dans le pays. Alors, cette jeunesse ne doit pas être en marge. Elle doit créer la richesse à travers l’entrepreneuriat. La solution pour résorber le taux de chômage dans le pays réside dans l’entrepreneuriat. Cette jeunesse a juste besoin d’un climat des affaires favorable, d’une orientation et d’un encouragement pour prendre sa place dans le circuit du développement de la RCA.
Jean Ngbandi

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