La protection sociale, un droit fondamental de l’être humain, afin de réduire la pauvreté, l’exclusion et les inégalités tout en renforçant la stabilité politique et la cohésion sociale. Elle renforce le capital humain et constitue un outil puissant pour atténuer ou faire face aux impacts des crises économiques, des catastrophes naturelles. Un atelier de deux jours de validation dudit projet a eu lieu du 4 au 5 avril 2024. Il a regroupé des cadres des différents ministères sectoriels à savoir les ministères de l’Action humanitaire, de la promotion du genre et le département pilote qui est le ministère de Travail, de l’emploi, de la protection sociale et la formation professionnelle aussi des experts nationaux et internationaux et le représentant de l’Unicef en RCA.
L’objet de cet atelier est de combiner les énergies afin de repenser les faiblesses de la protection sociale après les multiples crises que le pays a traversées. Plusieurs présentations ont été faites par des experts dans le domaine de la protection sociale.
Dans son discours de circonstance, la ministre du Travail, de l’Emploi, de la protection sociale et formation professionnelle Annie Michelle Mouanga qui a reçu la lettre de mission de renouveler l’engagement politique du gouvernement en faveur de la protection sociale, a précisé que le gouvernement prend à bras le cœur la condition de vie de sa population :
« En effet, le droit à la protection sociale est consacré dans la Constitution du 30 aout 2023. Au niveau institutionnel national, la protection sociale s’inscrit dans le deuxième pilier du RCPCA concernant le renouvellement du contrat social entre l’Etat et la population et elle occupe une place de choix dans le projet du nouveau plan de développement national (2024-2028) », a dit le ministre.
Dans le cadre de la coopération avec les Nations Unies (UNSDCF 2023-2027), la protection sociale s’inscrit dans la deuxième priorité stratégique soit Population Inclusion accès équitable à des services de qualité. Le ministre exhorte par ailleurs les participants à plus d’efficacité tout en remerciant l’Unicef pour l’organisation de cet atelier.
Ajoutons que, le secteur de la protection sociale du fait de son caractère transversal constitue, non seulement un précieux outil de croissance économique et aussi un moyen de réduction de la vulnérabilité.
Toujours pour la ministre Annie Michelle Mouanga, la mise en place de protection sociale est une réponse à l’édification d’un nouveau modèle de développement. Pour soutenir sa réponse, elle a cité quelques projets initiés par le gouvernement centrafricain comme le projet PADA, Maïngo ti a Masseka…Selon le membre du gouvernement, ces projets visent à promouvoir le développement social des citoyens centrafricains dans son ensemble.
Il faut souligner que la protection contribue ainsi au développement du capital humain pour une justice sociale pour le peuple centrafricain et s’inscrit parfaitement dans la Stratégie Régionale de Protection Sociale 2021-2025, lancée par l’Organisation Internationale de Travail et l’Union Africaine qui a pour ambition de doubler la couverture de protection sociale en Afrique.
La représentante de l’Unicef en Centrafrique Relano Meitxell, a précisé que l’un des piliers du mandat de son organisation est de protéger les enfants et accompagner le processus d’élaborer et la validation du document de la politique nationale de protection sociale.
Elle insiste sur la création des ressources de qualité pour le développement social des enfants, en vue de garantir une meilleure condition de vie aux enfants de manière générale en RCA conformément aux dispositions juridiques nationales : « C’est pour cette raison que l’Unicef dont la mission fondamentale consiste à aider le gouvernement à répondre aux besoins essentiels des enfants et à favoriser leur plein épanouissement, en mettant en profit du gouvernement une assistance technique et une assistance financière pour l’organisation de cet atelier. J’en suis convaincue que la validation de cette politique nationale de protection sociale, créera un espace institutionnel propice à la coordination effective des programmes de protection sociale en fédérant toutes les initiative et stratégies sectorielles de lutte contre pauvreté chronique par le renforcement de la résilience des communautés».
Le document dispose un axe qui consiste à promouvoir l’excellence scolaire des filles, afin d’encourager cette couche à persévérer dans les études. Il est une exigence majeure pour le pays.
Il est à noter que les statistiques de la Banque mondiale révèlent que la RCA est placée dans les échelons plus bas sur l’indice de développement humain et que plus de 60% de sa population vit au-dessous du seuil national de la pauvreté. Elle est aussi confrontée à des désastres d’origine naturelle occasionnant des crises humanitaires. Dans un contexte, la protection sociale dans sa dimension contributive participe à une humanisation des personnes les plus vulnérables.
Christian Stève SINGA

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