L’agriculture constitue l’un des vecteurs de la croissance économique d’un pays. Dommage qu’en République centrafricaine, les activités agricoles ont du mal à se développer. Le gouvernement, devant certaines priorités n’arrive pas encore à mécaniser l’agriculture dans le pays. Pour ce faire, le PAM lance une initiative pour soutenir ce secteur, ceci sur financement de la Banque Mondiale.

Pour tenter de remédier à ce problème en répondant aux besoins alimentaires, certaines organisations non gouvernementales ont initié des projets afin de soutenir des groupements agricoles en Centrafrique. Etant donné que le Programme Alimentaire Mondial a cette mission d’apporter son secours aux vulnérables dans le contexte alimentaire, il a alors lancé une modalité dénommée Assistance Alimentaire pour la création des Actifs (FFA).

C’est une initiative qui permet aux personnes vulnérables de construire ou de stimuler des actifs qui améliorent leurs subsistances en créant des environnements naturels sains. Toutefois, il favorise la réduction des risques et l’impact des chocs, en augmentant la productivité des aliments et en renforçant la résilience aux catastrophes naturelles. Tout ceci, en plus de l’aide alimentaire que le PAM accorde aux personnes vivant en situation de précarité.

C’est ainsi que depuis le mois d’avril 2021, le PAM a lancé ces activités en ciblant les bénéficiaires et le choix des actifs qui sont pour la plupart des activités agricoles à travers la culture du maïs, du manioc, de la patate, du haricot rouge, du sésame et la production des poulets locaux et l’aménagement des pistes rurales.

C’est dans ce contexte qu’au village Kella Goffi situé à 7 kilomètres de Bouar sur l’axe Hermann Brousse, 75 bénéficiaires composés de 41 femmes et 34 hommes ont réalisé la culture de maïs associé avec le manioc, le sésame et le haricot. Le tout sur une superficie de 1,5ha. 


Evelyne Gboungoule, l’une des superviseurs du projet

« La RCA est un pays agricole avec plusieurs potentiels en la matière. Mais les différentes crises qu’a traversées le pays, le système de production a été affecté. Alors pour aider les paysans à reprendre leurs activités, on a fait des évaluations et on s’est rendu compte qu’ils n’ont pas de matériels qu’il faut et ne disposent pas de semence. C’est ainsi qu’on s’est convenu avec les différents partenaires de les assister en matière de production. Ceci par l’octroi des variétés des semences et les techniques agricoles afin de maximiser les rendements même sur une petite superficie», a indiqué Meh Nzue, chargé de bureau du sous-bureau du PAM de Bouar.

« Ceci est un champ paysan école et on a intégré à cela les activités de cantine scolaire puisque les productions issues de ce champ école une partie ira pour alimenter les cantines scolaires. Les boutures qu’ils vont prélever ici pourront servir à planter dans leurs propres champs et une partie sera aussi vendue pour approvisionner la caisse de l’école », a-t-il complété.

Une initiative tant appréciée par les cultivateurs comme le témoigne Ferdinand Baboua en ces termes : « Nous sommes reconnaissants pour tout ce que le PAM est en train de faire à notre égard. Nous allons beaucoup gagner à travers ce programme en matière de technique de culture, de semence et cela va nous permettre de barrer la route à la famine de manière durable ». Pour Kora Mathieu, chef de groupe de Kella Goffi, il est important que tous les membres du groupement se mettent résolument au travail pour relever ce défi. 

Selon Evelyne Gboungoule qui assure aussi la supervision des activités agricoles au PAM au niveau de sous-bureau de Bouar, « cette initiative est une occasion de permettre aux paysans de ne pas continuer à tendre la main de mendiant mais à s’auto prise en charge ».

Le projet FFA initié par le PAM a bénéficié du financement de la Banque mondiale. Toutefois, sur le terrain, le PAM réalise ce travail en partenariat avec l’ONG World Vision, le ministère de l’agriculture par le biais de l’Agence Centrafricaine de Développement Agricole (ACDA), de l’Institut Centrafricain de Recherche Agronomique (ICRA)  et du Projet de la relance agropastorale dans les savanes. 

Brice Ledoux Saramalet