La République centrafricaine à l’instar des autres pays du monde a célébré, ce mardi 27 février 2024 la journée internationale des ONG. La commémoration de cette journée a eu lieu à l’omnisport, précédée par le représentant du ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale, en présence du Coordonnateur Humanitaire Ag Ayoya, des différents coordonnateurs des ONG nationales et internationales. Cette journée est organisée par le Comité de Coordination des ONG (CCO).
Sous des stands, des différentes ONG ont exposé des supports de communication et produits divers. Ces ONG ont expliqué le fonctionnement de leurs organisations afin de susciter un intérêt de la part des visiteurs. Le thème retenu pour cette année est : « En plus de l’aide humanitaire engageons-nous pour des solutions durables en Centrafrique ».
En rappel, la journée internationale des ONG a été initiée en 2009 et reconnue par les Nations-Unies en 2014. Plus d’une vingtaine d’ONG ont pris part à cette célébration en exposant des produits agroalimentaires tout en explications leurs fonctionnements accompagné des supports de communication et de visibilité.
Stéphane Dericaud président du CCO revient sur la situation humanitaire en Centrafrique : « Nous notons une amélioration de la situation humanitaire en Centrafrique, même si certaines régions restent fragiles. Le plan de réponse humanitaire 2024 a été lancé il y a quelques jours mais seule l’aide humanitaire ne pourra suffire pour répondre à tous les besoins de la population. Il est donc important que d’autres types d’interventions notamment celle de relèvement soient menés. C’est la raison pour laquelle le comité des ONG internationales a choisi ce thème. La plupart des ONG en Centrafrique travaillent déjà dans le domaine humanitaire et du développement. Nous avons ce double mandat mais malheureusement, il manque de financement pour mettre en place de véritables solutions pour le relèvement. Certaines ONG sont déjà prêtes pour des actions de développement et on devrait profiter de l’occasion pour l’opportunité ».
Le représentant du ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale, souligne que cette journée permet de célébrer les nombreuses actions humanitaires et de développements, menés par des partenaires. « L’importance des ONG nationales et internationales n’est plus à démontrer en Centrafrique. Pendant les moments difficiles lors des différentes crises que le pays a connues, les ONG étaient présentes à apporter de l’aide humanitaire à la communauté dans le besoin. Vous demeurez encore au côté du gouvernement pour l’inscription de votre programme et projet de 2025 dont le plan national de développement en cours d’élaboration. Quant aux plans de réponse humanitaire de 2024, près de la moitié de la population, 46% est encore vulnérable du fait de la persistance de la violence dans certaines localités. Vos connaissances du terrain, vos compétences et les bonnes pratiques constituent des atouts pour accompagner le gouvernement ».
Selon lui, le thème de cette année est en phase avec les nouvelles orientations du gouvernement : « Le plan de réponse humanitaire de 2024 met l’accent aussi sur le Nexus. J’exhorte les ONG à s’investir davantage dans les actions de relèvement, de résilience et développement pour lutter contre la pauvreté. Cet appel est aussi adressé aux partenaires au développement en les invitant à investir massivement en Centrafrique afin d’apporter des solutions durables à la population. Il nous faut des financements pour l’aide humanitaire et pour le développement », a-t-il évoqué.
Les besoins et plaidoyer des ONG
À l’issue de la célébration de la journée internationale des ONG, plusieurs besoins et recommandations ont été faites par le comité international des ONG et la coordination nationale des ONG.
Pour les ONG internationales selon le président du CCO, elles ont besoin de financement humanitaire et les donateurs ont une responsabilité morale de financer le Nexus conformément aux engagements pris au sommet humanitaire mondiale d’Istanbul. Une situation de sous financement détruirait les projets obtenus ces derniers temps et poserait les jalons d’une crise future. Les ONG internationales ont besoin de maintenir l’accès aux populations les plus vulnérables et les plus reculés. L’augmentation des incidents liées aux engins explosifs les inquiète particulièrement, elles demandent à toutes les parties aux conflits de stopper leur usage. Les ONG ont besoin d’un cadres réglementaires pour leurs permettre d’une part d’opérer efficacement pour répondre rapidement aux besoins des personnes vulnérables d’autres part pour protéger la sécurité des personnels humanitaire.
« Il y’a encore beaucoup de défis notamment en matière d’approvisionnement ou d’infrastructures routières et financières à l’intérieur du pays. Nous encourageons et espérons que l’État continuera à déployer les services de base sur l’ensemble du territoire », a espéré Stéphane Dericaud, président du comité international des ONG. ( suite à la page 7)
( suite de la page 6) Quant aux ONG nationales, elles demandent au gouvernement de créer des conditions de financement interne des ONG en augmentant la subvention budgétaire en faveur des acteurs locaux et nationaux ; d’impliquer des ONG nationales dans le processus de mobilisation des financements extérieurs. De revoir les dispositions légales et réglementaires fixant les frais payant au préalable à la délivrance d’agrément d’ONG. De mettre fin aux tracasseries administratives au sein de certains ministères, entravant la démarche des acteurs nationaux pour se procurer de l’accord du partenariat préalable à l’obtention d’agrément des ONG.
Jean Paul Mbalimbi, coordonnateur des ONG nationales encourage les ONG nationale à tenir bon, malgré les difficultés multiformes rencontrées dans l’accomplissement des missions. « Vous avez pris un engagement pour contribuer à apporter des réponses aux multiples besoins sociaux et humanitaires de nos compatriotes, tenez bon », a-t-il lancé.
Alors que la Coordination des Affaires Humanitaires observe une baisse dans les besoins en urgence humanitaire, le pays connait encore un faible indice du développement, nécessitant l’implication des ONG nationales et internationales dans les actions du développement de la RCA.
Milca Bissidi /Fridolin Ngoulou

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