Dans la circonscription de Paoua 1, la contestation enfle après l’annulation du scrutin législatif de décembre dernier. Le 11 mars, la candidate indépendante Pamela Audrey Derom, de la circonscription de Paoua 1, chef-lieu de la Lim-Pendé, a fait une déclaration dans laquelle elle accuse l’un de ses adversaires d’avoir truqué les résultats de l’élection. Une situation qui aurait conduit à l’annulation du scrutin, alors même qu’elle se positionnait favorablement.
La tension politique monte dans cette circonscription du nord-ouest de la République centrafricaine à la suite de ce scrutin. Pamela Audrey Derom affirme : « C’est avec amertume que nous avons constaté l’annulation des résultats du premier tour dans notre circonscription. Les auteurs, ou du moins l’auteur principal de ces fraudes massives, n’ont pas été sanctionnés. Je le dis haut et fort : ces élections ont été volées à la démocratie, volées à la volonté de la population. Cette élection a été entachée par des irrégularités graves et coordonnées, orchestrées par des acteurs bien identifiés. »
Elle dénonce également « le rouleau compresseur mis en place par le candidat numéro 1 sortant qui, avec la complicité de certains présidents de bureaux de vote et de certains chefs de village, a délibérément piétiné les règles pour tenter de contourner le choix de la population longtemps meurtrie ».
Pour la candidate, la simple reprise du scrutin ne suffit pas à rétablir la confiance dans le processus électoral. « Lorsqu’il y a fraude, il doit y avoir des responsabilités », insiste-t-elle. Si l’annulation du vote est perçue par certains observateurs comme une reconnaissance de l’existence d’irrégularités, l’absence de sanctions contre le candidat mis en cause suscite des interrogations. Selon elle, organiser de nouvelles élections sans sanctionner les auteurs présumés risque d’encourager les mêmes pratiques à l’avenir.
Revendications pour un scrutin transparent
Cette affaire relance la question de la transparence et de la crédibilité des élections dans la circonscription. Pour Pamela Audrey Derom, si le processus électoral doit être repris, les conditions d’organisation doivent garantir un scrutin libre, transparent et juste, ce qui nécessite des mesures fortes en amont.
Dans ses revendications, elle a demandé à l’Autorité nationale des élections de procéder au changement immédiat de certains présidents de bureaux de vote identifiés comme corrompus et complices des fraudes. Au ministère de l’Intérieur, je demande de prendre en urgence les dispositions nécessaires pour que les autorités locales jouent pleinement leur rôle en toute impartialité et neutralité.
Elle ajoute : « Je demande également que des observateurs indépendants soient spécifiquement déployés et puissent circuler librement dans toutes les localités, en particulier sur l’axe Berbéra-Pougole ainsi qu’à Paoua centre. Que les forces de l’ordre soient déployées en nombre suffisant pour sécuriser l’ensemble du processus et protéger les électeurs. Enfin, à la MINUSCA, que les Casques bleus soient également déployés dans ces zones sensibles afin de rassurer les populations et garantir un environnement sécurisé et apaisé pour l’exercice du droit de vote. »
La candidate affirme rester déterminée à poursuivre son combat politique tout en appelant les institutions à garantir l’équité du processus.
Freddy Ulrich TANGA

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