La vase est pleine à déborder. L’annonce de la date de la tenue du vote référendaire a fait remonter la tension au sein de la classe politique de l’opposition mais surtout des groupes armés.

Ce projet qui consiste à doter la République Centrafricaine d’une nouvelle loi mère risque de plonger le pays dans un cycle d’instabilité. S’il passe, ça sera sous haute tension soldée par des violences. S’il est empêché par l’opposition et les groupes armés, le pays risque de connaitre aussi le pire en termes de violences.

En effet, depuis plus d’un an, le gouvernement muri les idées de doter le pays d’une nouvelle constitution, en considérant que l’actuelle promulguée le 30 mars 2016 à la sortie d’une longue période de transition de deux ans n’était pas l’aspiration du peuple, qu’elle est budgétivore à la lumière de nombreuses institutions qui font la même chose. Aussi, plusieurs articles qui réfèrent encore à la transition doivent être élagués.

Mais là où le bât blesse, c’est la question de mandat présidentiel. Touadera n’a pas dit clairement qu’il pourra tenter de briguer un troisième mandat mais dans le cercle présidentiel, l’objectif premier est de le maintenir au pouvoir. Pour son conseiller spécial Fidèle Gouandjika, avec cette nouvelle loi mère, le compteur des mandats sera remis à zéro et Touadera pourra décider de postuler ou se faire représenter. Un argument considéré comme un piège par l’opposition.

Il y a une semaine, le président Touadera avait convoqué le corps électoral en vue d’un référendum constitutionnel le 30 juillet 2023. C’est ce jour-là que la tension a monté du côté de l’opposition, réunie au sein du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), mais aussi du côté armé avec la sortie médiatique d’Alexandre Ferdinand Nguendet qui déclare prendre la tête d’un groupe d’officiers pour renverser le président Touadera.

Même si, sur la déclaration de va-t-en-guerre de Nguendet le gouvernement n’a pas encore officiellement agit, il prend toutefois au sérieux et durci la position pour aller aux élections référendaires.

Nguendet sort une nouvelle déclaration affirmant que le Président Touadera aurait ordonné l’arrestation de sa famille, ses proches et les militants de son parti politique le RPR qu’il vient de quitter la tête provisoirement.

Les menaces fusent de partout. Que cela soit de l’opposition politique et de l’opposition armée ; du pouvoir et ses partisans, un risque réel d’affrontement est à craindre. 

Avec la propagation rapide des messages de haines sur les réseaux sociaux, les discours de haine sont diffusés ainsi que d’appels à la violence, au risque d’envenimer la situation et créer une discorde au sein de la population.

Mais visiblement du côté de la population, du moins la grande majorité muette, les gens se disent tout simplement fatiguer des combats politiques qui entrainent des violences et des morts et que, le pays a besoin d’une stabilité pour espérer un développement harmonieux.

Fridolin Ngoulou