Entre octobre et décembre 2022, la coordination des Plateformes des Actions Humanitaires et Développement en Centrafrique en abrégée CPFON-AHDCA organisera à Bangui, le forum national des organisations locales. Avec Oubangui médias, Blaise Zaka, coordonnateur de CPFON-AHDCA parle des enjeux de ce forum et appelle à la mobilisation du gouvernement et des partenaires pour la réussite de ce rassemblement.

Oubangui médias : Vous avez annoncé lors de la célébration de la journée internationale de l’aide humanitaire l’organisation du forum national des ONGs nationales d’ici la fin de l’année. Quels sont les enjeux de ce forum ?

Blaise Zaka : Les enjeux de ce forum c’est pour amener toutes les ONGs nationales au même niveau d’information. Il y a la question de partage d’informations, d’échange d’expériences qui n’existe pas entre nous. Chaque année nous organisons des forums pour essayer de pousser les ONGs nationales qui sont actives sur le terrain de pouvoir échanger entre elles et discuter sur les perspectives que nous pouvons développer et quelles sont les approches que la société civile devrait utiliser pour pouvoir corriger certaines erreurs constatées dans la mise en œuvre des projets en faveur de la population centrafricaine.

Nous avons eu le privilège d’aller dans certains pays prendre des connaissances en la matière. Il faudrait que l’on échange entre nous selon nos faiblesses. Les ONGs internationales nous reprochent souvent le fait que nous n’avons pas de capacité organisation pour pouvoir bien gérer les fonds mis à notre disposition pour la réalisation des projets. C’est une occasion pour nous d’expliquer les directives de la société civile. Nous devons aider nos paires à orienter leurs visions dans l’appui à la population pour que ce qu’elles ont comme financement soit opérationnel et les ONGs nationales doivent développer les secteurs. A l’intérieur du pays les ONGs nationales ont eu beaucoup de difficulté dans la mise en œuvre des projets. Nous devons discuter de leurs difficultés. Les représentants des organisations nationales de l’arrière-pays seront conviés à ce forum afin de leur permettre d’acquérir des connaissances. Grâce à l’appui de la MINUSCA nous avons mis en place des bureaux dans toutes les régions de la RCA.

Nous devons tenir compte de nouvel organigramme qui a été développé en RCA pour que les autres puissent être outillés lors de ce forum afin d’avoir des éléments fiables pour favoriser le développement des organisations nationales et faire face à des enjeux qui existent dans notre pays.

Oubangui Médias : Quels résultats comptez-vous obtenir après ce forum afin de booster les ONGs nationales d’être efficace dans la mise en œuvre des projets ?

Blaise Zaka : Si la société civile s’entend dans des forums et discute des points de vu il y aura des recommandations qui sortiront de cette assise. A l’issue de ces recommandations nous allons discuter des perspectives et voir qui est à la responsabilité que nous devons nous adresser dans les domaines respectifs pour qu’on puisse avoir la solution.

Et cela a porté des fruits dans le cadre de la gouvernance à tous les niveaux. Nous ne voulons que ce forum soit dans le cadre sectoriel. Nous voulons qu’après ce forum la société civile puisse avoir des personnes ressources dotées d’expertises dans chaque secteur pour pouvoir apporter des orientations afin d’aider le gouvernement dans la répartition des financements pour la mise en œuvre des projets.

Oubangui médias : Dans vos propos liminaires lors de la célébration de cette journée le 19 août dernier vous avez dénoncé le non-respect des recommandations du forum humanitaire qui exige que 25% de fonds du plan de réponse humanitaire soient accordés aux ONGs nationales pour la mise en œuvre des projets en faveur des personnes en détresse. Pensez-vous que celles-ci ont la capacité institutionnelle de mettre en œuvre les projets comme le font les ONGs internationales ?

Blaise Zaka : Les ONGs nationales ont des compétences mais ce qui les fragilise c’est la question de mobilisation des fonds. Elles ne savent pas à qui elles doivent s’adresser pour avoir les financements pour réaliser les activités. Beaucoup d’études démontrent que les ONGs nationales ont pu réaliser beaucoup d’activités avec le peu qu’elles ont par rapport aux ONGs internationales.

C’est la compétence qui ne manque pas aux ONGs nationales. La majorité des personnels qui travaillent dans les ONGs internationales sont ceux que nous avons formés. Ils ont commencé par les ONGs nationales et ils ont eu les compétences.

C’est pour la question de ressource qu’ils sont partis nationales n’ont pas les moyens de les maîtriser. C’est l’occasion à laquelle nous devrions discuter lors de ce forum des perspectives en termes d’appui institutionnel. Nous remercions l’Union Européenne qui a commencé l’appui institutionnel aux organisations locales. Mais nous souhaitons que ces appuis viennent au niveau des plateformes.

Au niveau des plateformes il y a des expertises pour pouvoir orienter les organisations locales. C’est ce qui se fait sous d’autres cieux. C’est des plateformes qui appuient les organisations à avoir les financements. Nous allons faire appel aux collègues au niveau sous régional qui ont des expertises afin de transcender ces informations pour que nous puissions réaliser efficacement nos projets et reprendre notre place en tant acteur de premier plan.

Oubangui médias : Avez-vous besoin des appuis multiformes de la part du gouvernement ou des ONGs internationales pour la réussite de ce forum ?

Blaise Zaka : Nous avons besoin d’appui technique de ceux qui ont des expertises. Nous faisons allusions au PNUD, CCO pourquoi pas des fora internationaux nous les attendons sur le plan technique. Faire venir des gens de l’arrière-pays pour participer à ce forum demande des moyens logistiques. La MINUSCA nous a appuyés déjà une fois. C’est l’occasion aussi pour nous de solliciter cet appui afin de permettre d’avoir un cadre consensuel. Nous avons aussi besoin d’appui du gouvernement en termes des moyens et technicité.

Le ministère du plan a déjà commencé à faire ce travail mais nous voulons ce genre de forum soit pris en compte dans le projet REPASOC.

Nous allons réfléchir sur l’état des ONGs pour que nous puissions déposer un dossier sur la table du gouvernement pour les états généraux des organisations locales en vue d’enlever ce qui est mauvais au sein des ONGs nationales et présenter ce qui est bon pour la société civile centrafricaine.

Oubangui Médias : nous vous remercions

Blaise Zaka : c’est à moi de vous remercier

Interview réalisée par Pétrus Namkoina