Un projet financé par la Banque Mondiale à hauteur de 50.000.000 $ américain. Il consiste à contribuer efficacement à l’autonomisation des jeunes filles, femmes désœuvrées à Bangui ainsi qu’à l’intérieur du pays. Les campagnes autour de ce projet ont débuté mardi 28 et vendredi 31 mars 2023 à l’intention des autorités locales de Bégoua et Bimbo.

Les multiples crises militaro-politiques que traverse la République Centrafricaine (RCA), ont eu un impact négatif sur tous les plans. 

Pour créer un environnement propice à la jeunesse permettant de contribuer au relèvement économique de ce pays, le gouvernement a soumis un projet d’une valeur de 50.000.000 de dollars américain à la Banque Mondiale qui a accepté de financer.

Le projet définit plusieurs tâches à réaliser et un accent particulier a été mis sur le capital humain,  un facteur indispensable pour le développement de ce pays.

Selon la coordonnatrice de ce projet Irène Sabendo, ledit projet permettra au gouvernement centrafricain de créer d’abord des espaces sûrs aux filles et des clubs pour les jeunes garçons en vue de dispenser des programmes communautaires intégrés. Une innovation dans les projets que le gouvernement initie et met en œuvre dans le pays.

En effet, il faut souligner que ce volet consiste à prêter mains forte aux différentes associations communautaires. Des critères seront mis en place en commun accord avec les parties prenantes aux échanges de sensibilisation. 

Le deuxième volet du projet consiste à accroître l’accès aux systèmes de santé, de l’éducation et les opportunités d’emploi des femmes et jeunes filles qui font l’objet de discrimination dans certains services.

A en croire Irène Sabendo, cet appui a pour but de soutenir les jeunes filles qui sont encore sur les bancs de l’école et qui éprouvent une certaine difficulté à franchir le fondamental 2 ou à finir un cursus universitaire.

« Des personnes vivant avec handicap ne sont pas épargnées de ce projet », a martelé Irène Sabendo.

Malgré l’adoption et promulgation de la loi sur la Parité par le Chef de l’Etat Faustin-Archange Touadera en 2016, des femmes et jeunes filles continuent d’être victimes de certaines discriminations dans des services étatiques et privés. 

La troisième composante, a pour but de renforcer les capacités sur le plan national des bénéficiaires directs dudit projet. Elle prévoit aussi une campagne de communication et de sensibilisation autour du projet MAÏNGO afin que le public puisse s’approprier des avantages de cette initiative tant attendue par des centrafricains, mais aussi susciter l’engagement et l’adhésion des centrafricains.

Quelles sont les cibles de ce projet ?

Les bénéficiaires de ce projet sont entre et autres, les associations des jeunes, des élèves, les femmes désœuvrées mais aussi des leaders communautaires.

Irène Sabendo, la coordonnatrice du projet MAÏNGO a souligné que : « Face à la précarité des femmes et jeunes après les crises militaro-politiques, le gouvernement centrafricain s’est fixé des objectifs dont l’épanouissement des femmes et jeunes garçons et le respect de la loi sur la Parité dans les services étatiques et non étatiques. C’est ainsi qu’il a soumis ce projet dénommé MAÏNGO, qui signifie le développement en langue nationale sango au partenaire  la Banque Mondiale qui n’a pas hésité de financer».

Elle a par ailleurs indiqué que le projet MAÏNGO sera au profit des personnes les plus affectées dans des zones fortement touchées par les multiples crises. A l’exemple de Bangui, de Kaga-Bandoro, de Sibut et de Bambari.

Toujours selon la coordonnatrice du projet MAÏNGO, des comités de suivi de ces projets seront installés afin de fournir des données sur la traçabilité des financements accordés à ces associations.

Quelle est l’attente de la population sur le projet MAÏNGO ?

Victoire Douvoima chef de quartier Micheline II dans la commune de Bimbo a apprécié d’abord cette séance de sensibilisation autour dudit projet qui selon lui, permettra d’informer la population sur les biens-faits de ce projet.

Ce dernier émet des réserves sur les réalisations de certains projets en RCA : « Suite aux multiples crises que le pays a connues, nous avons une panoplie des projets qui n’ont pas abouti dans la plus part des cas. Mais avons l’espoir que celui-là, avec l’approche de la Banque Mondiale pourra vraiment être un nouveau souffle pour la population, en particulier les femmes et les jeunes filles, des véritables moteurs de développement d’un pays ».

De son côté, Jean-Emmanuel Gazanguinza, président de la délégation spéciale de la commune de Bégoua qui a présidé la cérémonie de l’ouverture de l’atelier de sensibilisation dans son secteur a formulé des vœux de voir ce projet se réaliser dans les villes périphériques.

Aujourd’hui, pour garantir la traçabilité et la réalisation des projets financés par la Banque Mondiale, des organisations de la société civile sont mises à contribution pour assurer le suivi et l’évaluation de ces projets. Le projet Maïngo ne dérobe pas à cette règle.

 Christian Stève Singa